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Le Temps de la RAM Newsletter n° 10
Janvier 2017

L'équipe du Temps de la RAM rapporte directement depuis le Conseil Exécutif de l'OMS…

Vous pouvez consulter les numéros précédents de ce bulletin en cliquant ici, et si vous souhaitez vous abonner à la newsletter, cliquez ici. Vous pouvez également consulter la publication annuelle de WAAAR (Alliance mondiale contre la résistance aux antibiotiques) / ACdeBMR sur AMR ici: AMR control 2015 (ou à la nouvelle édition 2016).

À La Une dans ce numéro
 

  • Nouvelles en exclusivité du Conseil exécutif (CE) de l'OMS
     
  • Atelier Royaume Uni - Inde sur la lutte contre l'apparition de la résistance aux antimicrobiens
     
  • La nouvelle loi aux USA : The 21st Century Cures Act (la Loi pour les guérisons au 21me siècle)
     
  • Le 2e Symposium international sur les Alternatives aux Antibiotiques (OIE, USDA)
     
  • Annonce : 7e Symposium sur la  RAM Animale et Environnementale (ARAE 2017)

Couverture exclusive de l'équipe AMR-TIMES lors de la réunion du CE à Genève


La sélection pour l’élection à la direction de l’OMS a volé la vedette à la discussion sur la RAM : une atmosphère frénétique au CE
 
L'équipe de l'AMR Times a assisté au Conseil exécutif (CE) de l'OMS cette semaine. Les trois candidats sélectionnés devront s'attaquer à la RAM qui est devenue une priorité notoire avec la création du mécanisme de coordination tripartite OMS - FAO - OIE voté à l'Assemblée générale de l'ONU en septembre dernier à New York. Notre équipe a noté que pratiquement aucun État membre ou ONG intervenante n'a mentionné ni le rôle du rejet des déchets contenant des antibiotiques et/ou contaminés par des bactéries résistantes dans l'environnement (déchets de l’industrie agroalimentaire, pharmaceutique, ou hospitaliers), ni mentionné le rôle des systèmes de santé (avec un mauvais contrôle infectieux) en tant que deux principales sources, à la fois convoyeurs et amplificateurs, de la propagation de la résistance antimicrobienne de par le monde. L'absence de systèmes sérieux de contrôle infectieux dans les structures de soins dans la plupart des pays a été à peine mentionnée, et la nécessité de gérer les déchets de l'élevage et de la production pharmaceutique a été largement ignorée (pourtant même une partie de l’industrie s’y était intéressée avec une initiative là-dessus). Nous avons noté quelques exceptions, Médecins Sans Frontières, et le chef de délégation des États-Unis et ancien directeur des CDC ont mentionné les faiblesses du contrôle infectieux.
 
Les discussions ont fait ressortir une certaine fracture entre la nécessité d'assurer l'accès aux traitements et aux diagnostics et la nécessité de réduire la surutilisation des antibiotiques. La délégation de l'Algérie a lu une déclaration importante au nom du groupe afro sur la nécessité d'intégrer l'accès aux médicaments avec une meilleure gestion des antibiotiques. La délégation congolaise a fait une intervention très puissante, car elle a souligné la nécessité de discuter des faux médicaments, des sous-dosés, et a souligné que l'écart se creuse entre les pays riches et les pays en développement, car de nouveaux médicaments coûteux sont disponibles plus tôt dans les pays à haut revenu que dans les pays plus pauvres alors que l'AMR est exacerbée par la pauvreté. La délégation des Fidji a indiqué qu'elle s'inquiétait de l'utilisation croissante et non appropriée des AB par les soins pour des maladies non transmissibles, comme dans le diabète. La délégation américaine a fait une longue intervention en faisant part de ses préoccupations concernant la situation et en soulignant la nécessité pour les pays de travailler dans 4 domaines:
 
1 - Améliorer la surveillance et la riposte
2 - Améliorer le contrôle infectieux
3 - Aider les pays à améliorer l'intendance
4 - Développer de nouveaux outils de diagnostic, vaccins et méthodes de lutte contre les infections.
 
La délégation du Royaume-Uni était à l'avant-garde comme d'habitude et avait organisé une session-quiz sur l’AMR le lendemain. (Voir ci-dessous)
 
La délégation du Pakistan a noté que l'accès à des vaccins abordables peut empêcher l'utilisation de plus d'antibiotiques, réduisant ainsi les risques de résistance et elle a aussi souligné que la réglementation du secteur privé est un défi et que la situation dans le secteur animal est alarmante.
 
L'intervention du Mexique a mis l'accent sur l'importance de la formation des agents de santé, de l'éducation sanitaire et du recours à la médecine traditionnelle comme alternative à la réduction de l'utilisation des antimicrobiens.
 
La délégation hollandaise (qui a réussi un programme phare de surveillance intégrée sur la résistance chez l’homme et l’animal) s’est dite alarmée par la situation et demande à tous d'accélérer le travail, et de collaborer plus étroitement.
 
La délégation suédoise a  souligné que le momentum devait être maintenu et que la surveillance mondiale était cruciale. Elle a également annoncé que la Suède allait accueillir une réunion de haut niveau sur la RAM.
 
La délégation de Russie, qui était venue en force, a mis l’accent sur la résistance aux traitements dans la tuberculose et annoncé une réunion ministérielle l’automne prochain, tandis que plusieurs délégations ont aussi mentionné que la TB serait à l’ordre du jour de l’AG des Nations unies en 2018. (Le ministre de l’Afrique du Sud avait, à ce propos, fait campagne sur ce thème).
 
MSF (Médecins Sans Frontières), représentée par K. Athersuch, a notamment déclaré que: « Dans les pays en développement où MSF travaille, il est nécessaire d'améliorer la surveillance, la capacité de diagnostic des laboratoires et le contrôle infectieux. »
 
La discussion générale a été positive, mais il est regrettable que le calendrier des discussions sur la RAM se cantonnée aux séances de l'après-midi et du soir (mardi et mercredi) où les délégués semblaient un peu épuisés (par la bataille des élections) et obligés de traiter les autres sujets à  l’ordre du jour.

Un quiz passionnant sur la RAM à la réception du Royaume-Uni en marge du CE
 
Le Royaume-Uni a toujours fait preuve de leadership en ce qui concerne l'AMR et cela a été démontré lors de l'événement parallèle organisé par Dame Sally Davies, médecin-chef de l'Angleterre, avec la corporation McKinsey & Company. Parmi les participants se trouvaient de nombreuses délégations et missions de haut niveau de différents pays, le Dr Margaret Chan, DG de l'OMS, y a participé ainsi que le nouveau directeur général pour l'AMR, le docteur Hajime Inoue, auquel nous avons offert une copie du livre AMR Control 2016.
Après une présentation d'ouverture de Dame Sally Davies, elle a présenté un quiz pour les participants de l'événement parallèle (environ 90 participants). Chaque participant a reçu un dispositif de vote électronique, et 3 questions ont été présentées à l'écran, puis chaque participant choisissait la réponse qu’il ou elle pensait être la plus correcte.
 
Q1: Quelle est l'importance de la RAM par rapport à d'autres problèmes mondiaux critiques (par exemple la migration, le changement climatique, la sécurité alimentaire) au cours des 20 prochaines années ?
 
Q2: Quelle est la priorité de financement la plus importante pour la RAM au cours des deux prochaines années ?
 
Q3: Quel domaine nécessite le plus d'attention pour assurer le succès de l'élaboration des plans d'action nationaux sur la RAM ? 
 
Pour la 1ère question, 47% des participants ont voté que la RAM fait partie des 3 principaux problèmes mondiaux, tandis que 34% ont voté qu’elle faisait partie des 5 principaux problèmes mondiaux, alors que 11% ont voté qu’il s’agit de la question mondiale la plus importante. Pour la 2ème question, 44% ont voté que la priorité de financement est de réduire le besoin d’antimicrobiens par la prévention, le contrôle infectieux, l'eau potable et l'assainissement et 35% ont voté que la priorité devrait être d'optimiser les antimicrobiens chez les humains et les animaux. Finalement, 21% ont estimé que la priorité devrait être l'amélioration de l'offre et de l'accès par la recherche et le développement et le contrôle de la qualité. La troisième question était probablement la plus compliquée avec  sept choix possibles. Pour cette question, 35% ont voté pour l'engagement des principaux dirigeants au sein des ministères, tandis que 18% ont voté en faveur de la coordination entre des partenaires multiples, 17% ont voté pour une intégration transparente avec d'autres efforts (renforcement des systèmes de santé) alors que 15% favorisait une analyse de la situation pour évaluer le besoin d'action.
 
Commentaire de l’AMR-TIMES: L'idée d'un tel quiz était très intéressante, car beaucoup de leaders mondiaux sur la RAM étaient présents dans la salle. Cependant, l'équipe d'AMR-Times a été un peu surprise par la réponse à la 3ème question, puisque la plupart des participants ont voté comme priorité l'engagement des principaux dirigeants dans tous les ministères, et seulement 15% ont voté en faveur de la nécessité d'une analyse globale de la situation pour évaluer la nécessité d'agir, ce qui est un aspect important, car cela donnerait une idée de là où les ressources, le leadership et les efforts devraient être dirigés. 
 
Reportage de Mostafa El Yamany
 
Reportage sur l’atelier Royaume uni-Inde (UK-India Workshop) aux résultats très positifs et innovants, par un chercheur participant

 
Du 7 au 10 novembre, s'est tenu à Chandigarh, en Inde, « L’atelier RU-Inde sur la lutte contre l'apparition de résistance aux antimicrobiens: Sensibilisation accrue et soutien aux réseaux de recherche» 
 
L'atelier a été organisé par l'Institut de technologie microbienne de Chandigarh, co-organisé par l'Université de Cambridge et parrainé par le Newton-Bhabha Fund, le British Council Researcher Links, la Société royale de chimie, Daiichi-Sankyo et Springer. Quinze participants basés au Royaume-Uni et quinze autres basés en Inde ont été sélectionnés pour y assister.
L'atelier avait des objectifs généraux qui couvraient la recherche fondamentale, les applications pratiques de la technologie génomique, la découverte de nouveaux médicaments ainsi que la nécessité de collaborations interdisciplinaires et bilatérales pour formuler des recommandations politiques sur la question de la résistance aux antibiotiques. Le large éventail d'objectifs se reflète dans l'expertise des participants et conférenciers principaux: médecins, chimistes, biologistes, bioinformaticiens, économistes, défenseurs des politiques clés et plus encore.
Certaines présentations m'ont particulièrement intéressé. Le Dr Tharangani Herath de l'Université Harper Adams a débattu sur la question de l'utilisation des AB et du développement de l'AMR en aquaculture et de la façon dont son équipe étudie de nouvelles approches pour améliorer la gestion des piscicultures. Une autre grande présentation a été donnée par le Dr Balaraman Madhan de CSIR-Central Leather Research Institute à Chennai, dont le travail se concentre sur le développement de nouveaux nanomatériaux à base de collagène pour une meilleure gestion des plaies. Son travail a souligné la nécessité de matériaux d’une plus grande qualité et plus efficaces pouvant être utilisés dans des environnements cliniques afin d’éviter le développement d'infections ; réduisant ainsi le besoin d'utiliser des antibiotiques. Plusieurs discussions ont également porté sur l'importance de surveiller le développement et la propagation de l’AMR dans divers organismes. Dr. Tariq Sadiq de l'Université St. Georges à Londres, a discuté de la nécessité d'une détection et d'un diagnostic rapides pour mieux gérer les infections sexuellement transmissibles. Dr. Anas Abdulaziz du CSIR-National Institute of Oceanography a partagé son travail sur le suivi du développement de la résistance dans certains isolats environnementaux. Puis, Dr Timothy Walker de l'Université d'Oxford a décrit comment le séquençage génomique complet change la façon dont la tuberculose est suivie et traitée, avec la mise au point de nouveaux tests pour déterminer spécifiquement les meilleures options de traitement.
Puis, mon exposé sur le traitement par plasmide (décrit dans le livre AMR Control 2016) a remporté le prix général, les organisateurs trouvant l'approche nouvelle et pertinente. La réunion a été un grand succès et nous espérons qu'une collaboration très fructueuse en sortira.
 
Alessandro Lazdins, Étudiant de doctorat à l'Université de Birmingham, Institut de microbiologie et d'infection.
 
Weblink: http://ab-openlab.csir.res.in/amrworkshop/ 
http://resistancecontrol.info/rd-innovation/pcure-targeting-plasmids-to-reduce-the-burden-of-antibiotic-resistance/
 
Le 2e Symposium international sur les alternatives aux antibiotiques
 

Le 2e Symposium international sur les alternatives aux antibiotiques a eu lieu à Paris (France), du 12 au 15 décembre 2016, et a été organisé par l'USDA avec le soutien de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE). Quand bien même le Symposium a mis l'accent sur les dernières percées scientifiques et technologiques dans le domaine de la santé animale, de la production animale et de la sécurité alimentaire, il a également mis en évidence celles qui fournissent les moyens de mettre en œuvre une approche dite de Santé Unique. En effet, le symposium a mis l'accent sur les technologies offrant de nouvelles options et des stratégies alternatives pour prévenir et traiter les maladies animales et réduire l'utilisation d’AB dans l'agriculture. Or, ont été présentées également, les technologies basées sur des interventions médicales directes pour la santé humaine. Cependant, il faut préciser que le symposium ne visait pas à éliminer l'utilisation d'AB dans le bétail, car il existe un besoin réel de leur utilisation dans le traitement de certaines maladies. Néanmoins, conscient de la demande croissante de produits alimentaires et pour répondre aux besoins nutritionnels d'une population mondiale croissante, le symposium a mis en évidence les stratégies alternatives pour améliorer la santé et la production animale en tant que composante essentielle des efforts pour soulager la pauvreté et la faim dans le monde. Ensuite, les thèmes présentés ont été la recherche de produits innovants pour la prévention et le traitement des maladies, mais également des produits ne produisant pas de RAM.

Les points clés des conférences sur les vaccins du 2e Symposium international sur les alternatives aux antibiotiques 
 
Parmi les présentations concernant les vaccins, plusieurs propositions étaient particulièrement novatrices. Elisabeth Erlacher, Directrice du Département des sciences et des nouvelles technologies de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a appelé à cibler les maladies prioritaires pour le développement de vaccins qui pourraient réduire l'utilisation d'AB dans la production animale. Pour ce faire, Elisabeth Erlacher a mis l'accent sur l'élaboration de normes et de directives scientifiques intergouvernementales fondées sur les animaux terrestres et aquatiques, conformément au Plan d'action mondial de l'OMS sur la résistance aux antimicrobiens «qui devraient aider à concentrer les efforts vers de nouvelles technologies et à des voies d'administration alternatives afin d’obtenir plus efficacement des réponses immunitaires protectrices.» Ont été mentionnées également, les améliorations de la vaccination orale et intestinale en utilisant respectivement des spores de Bacillus et une méthode pour surmonter les barrières protectrices, les mécanismes innés de défense et de tolérance pour activer le tissu lymphoïde associé à l'intestin. Alors que certains conférenciers comme Stéphane Lemiere et Robert Briggs ont énuméré les avantages des vaccins sous-utilisés (comme le vaccin vectoriel HVT-IBD ou le vecteur vaccinal oral pasteurellaceae), d'autres, comme Evy Goosssens, ont averti des conséquences de la vaccination contre les pathogènes opportunistes.
 
La nécessité d’incitatifs à l’utilisation d’alternatifs aux AB
 
Le 2e Symposium international sur les alternatives aux antibiotiques s'est engagé à présenter des alternatives innovantes aux AB, sans perdre de vue la question de leur implémentation. Le symposium a exploré cinq catégories de produits qui pourraient représenter une alternative aux AB et ainsi un atout conséquent pour la lutte contre la RAM : que ce soit des vaccins, produits dérivés microbiens, des produits phytochimiques, des produits dérivés du système immunitaire, des médicaments innovants, des produits chimiques ou encore des enzymes. Néanmoins, selon Peter M. H. Heegaard, professeur d'immunologie et de vaccinologie à l'Institut vétérinaire national danois, leur développement est superflu si ne s’ensuit d’aucunes utilisations. C’est pourquoi les solutions alternatives aux AB se doivent d’être attrayantes et pratiques. C'est ce que ce dernier a souligné lors de sa conférence sur les mécanismes de défense innés et l'immunité passive; « Pour que les produits à base de mécanismes de défense innés deviennent des pistes attrayantes comme alternatives aux antibiotiques dans la production animale, ils doivent évidemment correspondre à l'efficacité et à la facilité d'utilisation des antibiotiques traditionnels. Ils doivent également être très rentables, largement applicables, s’accompagner de faibles niveaux d'effets indésirables et d’une sécurité élevée, ainsi qu’être acceptables pour les consommateurs. » 
Cette optique a demeuré lors de la seconde et troisième session du 2e Symposium international sur les alternatives aux antibiotiques qui ont porté respectivement sur la preuve que les produits dérivés microbiens, tels que les probiotiques et les produits dérivés de gènes bactériophages, et les composés phytochimiques non nutritifs, y compris les prébiotiques, représentent une alternative aux AB. En effet, selon Brian Oakley, PhD, professeur agrégé en écologie microbienne à l'Université de Washington, lors de sa conférence sur le développement de produits probiotiques accompagnés de greffes de microbiomes fécaux comme alternative aux antibiotiques chez les poulets de chair, le développement de produits dérivés microbiens n'est pas seulement un moyen de lutter contre l'AMR, mais il peut présenter des avantages pour l'industrie « en réduisant les coûts des aliments pour animaux, en améliorant la sécurité sanitaire des aliments, en réduisant l'empreinte carbone de l'industrie et en limitant les charges réglementaires ». Dans une optique similaire, le Dr Fang Chi, directeur des services techniques d'Amlan International, a présenté des preuves que des composés phytochimiques non nutritifs (le Varium dans le cas présent) pourraient donner une efficacité alimentaire égale aux AB et une mortalité réduite. 
 
Reportage Thibault V de G

La RAM dans l’actualité

 
Le 21st Century Cures ACT 
 
Juste quelques jours avant de quitter la maison blanche, le président Obama a signé le "21st Century Cures Act", suite à son adoption par le congrès. Il est important de noter que cette légalisation dans le domaine de la santé est la plus importante depuis l'ObamaCare. La loi a été introduite pour la première fois il y a un an dans le but de promouvoir le développement et l'accélération du processus d'approbation des nouveaux médicaments, y compris les nouveaux AB et les dispositifs médicaux. Le projet de loi prévoit 4,8 milliards de dollars afin d'améliorer le traitement des dépendances aux opioïdes et promet un financement supplémentaire pour un programme de recherche sur le cancer « Moonshot» en plus de la «Brain Initiative» développé afin d'enquêter sur le fonctionnement du cerveau et de la «Precision Medicine Initiative» qui vise à recueillir des données génétiques et de santé. Or, le budget doit être attribué par le congrès chaque année fiscale.
 
Le projet de loi promet de faire faire un bond dans l'avenir en supprimant les barrières au traitement; or que faudra-t-il pour mettre en œuvre ce projet de loi, en prenant en considération qu'il a fallu près de 3 ans pour que le congrès adopte ce projet de loi ? Quel sera l'impact de ce projet de loi sur la FDA ? L'accélération du processus et l'élimination des obstacles ne nuiront-elles pas à la sécurité du patient? En outre, l'absence d'un calendrier strict pour la mise en œuvre du projet de loi est quelque chose qui doit être pris en considération.
 
Le CDDEP, était plutôt critique à l'égard du 21st Century Cures Act, comme en témoigne son premier article intitulé: «The 21st Century Cures Act Needs a Cure Itself». Hellen Gelband; Directrice adjointe des politiques du CDDEP a conclu qu'il devrait y avoir un équilibre entre les incitatifs pour la conservation et le développement de nouveaux AB et des approches fondées sur des données probantes plutôt que de s'accrocher à l'argument du «pipeline vide». L'article citait également la conclusion de Jerry Avorn et Aaron Kesselheim dans The New England Journal of Medicine, où ils déclaraient que «les patients et les médecins ne bénéficieraient pas de la législation qui, au lieu de nous catapulter dans l'avenir, pourrait ramener certains des problèmes que nous pensions avoir laissés derrière nous au XXe siècle.»
 
Le 21st Century Cures Act a généré des montants records mondiaux en terme de lobbying, au moins un demi milliard de dollars ! Un énorme document de près de 1000 pages, peu ont pris le temps pour l’examiner de près.
 
Commentaire du Temps de la RAM: Il faut également mentionner que le projet de loi est passé par de nombreuses révisions depuis sa version originale qui comprenait de nombreux points de controverse, comme l’avait souligné le CCDEP. Or, un compromis a finalement été trouvé. Dans le prochain numéro du Temps de la RAM, nous examinerons plus en profondeur l’impact de ce projet de loi sur les AB. 
Web=links: http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMp1506964
https://www.statnews.com/2016/12/07/21st-century-cures-senate-passes/
http://cddep.org/blog/posts/21st_century_cures_act_needs_cure_itself#sthash.SzBScPe2.SzKvNsbQ.dpbs
 
La résistance aux antibiotiques se complexifie 
 
L'Université de Groningue a réalisé une véritable percée dans la compréhension des mécanismes de la résistance microbienne en publiant un article sur la capacité bactérienne à résister aux AB lorsque suffisamment de cellules résistantes autour d'eux exposent un facteur de désactivation des antibiotiques.
 
En collaboration avec leurs collègues de l'Université de San Diago, l'équipe des microbiologistes a exprimé le concept sur lequel ils travaillent par une vidéo dévoilant la présence de bactéries Staphylococci ayant le gène résistance au chloramphénicol côte à côte avec des bactéries Streptococcus pneumoniae n’ayant pas ce gène de résistance. En ajoutant l'antibiotique, les bactéries staph. se sont reproduites, comme, après un certain temps, le Streptococcus pneumonia qui pourtant est supposé ne pas être résistant au chloramphénicol ; au contraire des bactéries strept. qui ne se sont, elles, pas reproduites. 
 
Robin Sorg, principal auteur du document, a expliqué comment le gène résistant fendait le chloramphénicol jusqu'au point où il n'est plus efficace contre les bactéries Streptococcus pneumonia non résistantes. Finalement, l'auteur espère que cette découverte aidera à comprendre le mécanisme de la RAM et qu'il sera en mesure de changer l'approche des médecins envers leurs patients.
Web link: https://www.sciencedaily.com/releases/2016/12/161229141913.htm
 
2017 sera-t-elle l'année où nous prendrons les superbactéries résistantes aux médicaments au sérieux? 
 
Une année pleine d'actions en faveur de la lutte contre la RAM a passé, mais 2017 sera-elle un tournant dans l'histoire de la bataille contre l'AMR? Pourtant, le problème est catastrophique et le monde souffre de son impact. Les données montrent que le Colistin, la toute dernière lignée d'AB, rencontre d'ores et déjà de la résistance. Dans le secteur de l'élevage, les AB ont été non seulement utilisés pour traiter les infections, mais aussi - et dans la plupart du temps - ont été utilisés pour garantir le maintien du bétail et même augmenter sa production.
La tendance de la nourriture sans AB a augmenté, soutenue par certaines parties prenantes. Les entreprises commencent à y répondre positivement comme le montre les ventes de poulets sans AB qui ont augmenté de 34% par rapport à l'année dernière. Bien que beaucoup d'entreprises agroalimentaires  entament des politiques concernant l'utilisation d'AB dans leurs aliments, le résultat souhaité n'a pas encore été atteint. Sur l'impact pharmaceutique, le développement de nouveaux AB semble être un marché peu attrayant pour les entreprises pharmaceutiques. Cela transparait dans les entreprises alimentaires multinationales, qui mettent en œuvre leurs restrictions locales sur la base de la politique du pays. Idéalement, non seulement les gouvernements et les parties prenantes devraient agir pour faire face à la RAM par leur législation, mais aussi les producteurs, les détaillants et les consommateurs devraient être impliqués.  
Web link: https://www.theguardian.com/sustainable-business/2016/dec/28/will-2017-be-the-year-we-take-drug-resistant-superbugs-seriously
 
Un détecteur de résistance aux antibiotiques portable a été développé 
 
Les innovations numériques ont désormais permis aux consommateurs d'utiliser des appareils portables afin d'accéder à leurs informations médicales, surveiller leurs signes vitaux, effectuer des tests à domicile et effectuer un large éventail de tâches. Les chercheurs de l'Université de Californie ont inventé un module complémentaire pour les smartphones qui est capable de détecter si l'échantillon d'une bactérie donnée est résistant à un AB spécifique. Avec une précision qui atteint 98,2% et une facilité d'utilisation ne nécessitant pas de diagnosticiens formés, le dispositif promet d'être une solution clinique efficace dans les zones sensibles à la propagation des maladies infectieuses.
Web link: http://www.medgadget.com/2016/12/portable-antibiotic-resistance-detector-developed.html


Annonce: Le 7e Symposium sur l’RAM Animale et Environnementale (ARAE 2017) 
 
L'objectif de la conférence ARAE 2017 est de présenter une vision globale de la RAM; soit, tous les aspects liés à l'épidémiologie des bactéries résistantes, la RAM des agents pathogènes animaux et zoonotiques, les éléments mobiles hébergeant des gènes de résistance, les mécanismes émergents de résistance aux antimicrobiens, le rôle de l'environnement, ainsi que le transfert et la dissémination des gènes de résistance. De plus, de nouvelles approches et de nouveaux outils de diagnostic seront discutés.
 
Les thèmes abordés seront:
  • La surveillance et l'épidémiologie de la RAM
  • La RAM dans l'environnement
  • La RAM chez les animaux et les pathogènes zoonotiques
  • Les approches nouvelles et alternatives dans la lutte contre la RAM
  • Les nouveaux outils de diagnostic 
Les conférenciers principaux seront:
  • Engeline van Duijkeren, Bilthoven, NL.: Épidémiologie de l'ESBL-E. Coli du point de vue d'une perspective "d'une santé unique".
  • Seamus Fanning, Dublin, IE: Une boîte de Pandore pleine de délices (RAM) orientales !
  • Laurent Poirel, Fribourg, CH: Résistance aux polymyxines induite par les plasmides; Les animaux comme réservoirs pour les humains?
  • Rene Hendriksen, Lyngby, DK: Analyse métagénomique - surveillance de tous les gènes de RAM provenant des eaux usées
  • Thomas U. Berendonk, Dresden, DE:
  • Scott McEwen, Guelph, CA: Liste de l'ICA de l'OMS 
Vous êtes cordialement invités à soumettre les résumés de vos meilleures et récentes recherches sur le site de l’ARAE 2017: http://arae2017.de/abstract-submission/ 
La date limite pour la soumission des résumés est fixée au 24 mars 2017.
 
Vous pouvez vous inscrire ici pour l’ARAE2017: http://arae2017.de/registration/
La date limite pour une réduction des frais d’inscription est fixée au 2 mai 2017.
Rappel: Interview du professeur W. Keevill dans notre numéro de mai, sur l’importance du cuivre pour les surfaces de contact
 
Professeur Bill Keevil, Directeur de l'Unité Santé environnementale à l'École des Sciences biologiques de l'Université de Southampton, est un chercheur spécialisé sur la contamination des surfaces, les biofilms et les mécanismes physiologiques d’adaptation de survie des pathogènes. Il est également membre du groupe de pilotage du réseau NAMRIP, « UK Network for Anti-Microbial Resistance and Infection Prevention.»
Pour plus d'informations: 
http://www.antimicrobialcopper.org/fr/r%C3%A9sistance-antimicrobienne
www.southampton.ac.uk/biosci/about/staff/cwk.page

Agenda des conférences et événements sur la RAM


Fev. 8-9-10, 2017, Portugal

22nd Symposium International sur les Infections et les septicémies / Symposium International sur les Infections chez le patient en soins intensifs.  International Infections and Sepsis symposium/ International Symposium on Infections in the Critically Ill Patient. Porto, Portugal, Dr Jean Carlet, WAAAR President, parmi les présentateurs.

Web=link: www.infections-online.es



Mars 4-5 2017, Liban

Première conférence de la région Moyen-Orient Afrique du Nord sur la Santé Publique et les Maladies Infectieuses. L’ESCMID (European Society of Clinical Microbiology and Infectious Diseases), Le LANCET Infectious Diseases, la Fondation Mérieux, ESA (Ecole Supérieure des Affaires) et l’AUF (Agence Universitaire de la Francophonie) organisent une conférence commune sur la santé publique et les maladies infectieuses. Beyrouth, Liban

Secretariat: MENAIDPH, PO Box 45-343, Beyrouth, Liban; contact. MENAIDPH@gmail.com



Mars 14, 2017, RU

BSAC: Réunion de printemps 2017: Le défi mondial des infections bactériennes à Gram négatif multirésistante. International Convention Centre, Birmingham Royaume-Uni. 

Les résumés et les affiches sont les bienvenus, à envoyer à: edavies AT bsac.org.uk - Date limite le 20 janvier 2017.



Juin 26-28, 2017, Allemagne

Le 7 e symposium : Antimicrobial resistance in Animals and the Environment / sur la résistance aux antimicrobiens chez les animaux et l'environnement, ARAE 2017. Cette conférence biennale, qui a eu lieu en 2015 pour la dernière fois, aura lieu du 26 au 28 juin 2017 avec une réception d'ouverture dans la soirée du dimanche 25 juin et se tiendra à Braunschweig (situé près de Hanovre). 

Web=link: http://arae2017.de/




Le JPIAMR lance un cinquième appel aux propositions
 
 

JPIAMR lance son cinquième appel transnational sur la Comparaison des stratégies de prévention, de contrôle et d'intervention pour les infections RAM par des études multidisciplinaires, y compris les approches One Health.

 

La date limite pour la soumission des propositions préliminaires est le 21 mars (17h00 CET).

La date limite pour les consortiums invités à soumettre des propositions complètes est le 4 juillet (17h00 CET)


 
Le Temps de la Résistance aux Antimicrobiens / AMR -Times
Newsletter publiée par les associations ACdeBMR/WAAAR et SOI
Le contenu de cette newsletter n'engage pas l'association ACdeBMR/WAAAR ou SOI, seuls les auteurs sont responsables des vues exprimées.
L'équipe rédactionnelle:
-Mostafa El Yamany (Égypte et Pays Bas), pharmacien et doctorant sur la RAM, Rédacteur
-Thibault de Gabiole (Suisse), Rédacteur associé et traducteur
-Natasha Frank (Suisse), graphiste, mise en page papier
-Alia Henedi, BA Pharmacienne, Pharm.D. Candidat, contributions
-Amr El-Ateek, BA Pharmacienne, Pharm.D., contributions
-Dr Jérome Larché, (France), médecin praticien en exercice, contributions
-Nora Malhouf, (Algérie) doctorante RAM, journaliste et traductrice
-Jean-Jacques Monot, (France) ingénieur informaticien, bases de données et édition
-Garance Fannie Upham, Rédactrice en Chef (garance@waaar.ch)
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AMR CONTROL: ACdeBMR /WAAAR réalise aussi une publication annuelle AMR CONTROL avec plus de 30 experts de renommée internationale pour chaque édition, 2015, 2016 et bientôt 2017 en collaboration avec une maison d'édition à Londres, GHD (en anglais). Rédacteur en Chef, Dr Jean Carlet, avec Garance Upham,  AMR CONTROL peut être téléchargé gratuitement depuis le site de la maison d'édition et/ou des copies imprimées (plus de 150 pages en A4) demandées en s'inscrivant sur le site de GHD: www.globalhealthdynamics.co.uk.
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