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Le Temps de la RAM Newsletter #4
Juin 2016

Vous avez reçu cette newsletter sur la Résistance aux Antimicrobiens (RAM) parce que vous avez travaillé sur cette question, vous êtes membre ou simplement supporter de la WAAAR (World Alliance Against Antibiotic Resistance) ​ /ACdeBMR, ou alors vous aviez contribué à la publication AMR control 2015 (ou à la nouvelle édition 2016).

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A La Une

  • La RAM après BREXIT?

  • AMR Review de Lord Jim O’Neill, avis et commentaires :Réflexions sur le rapport final de
  • Gouvernements, universitaires, secteur privé et associatifs.
  • Interview exclusive d’un praticien de l'Afrique de l’Ouest.
  • Les candidatures au poste de DG de l'OMS: la France, l'Éthiopie et le Pakistan.
Revue de la presse:
  • Dr T. Frieden, directeur des CDC US choqué du niveau de prescriptions injustifiées des antibiotiques, une crise nationale.
  • Le virus Ebola viable plus de 30 jours sur des traces de sang.
Dans le prochain numéro:
  • Rapport de la conférence Drive-AB à Amsterdam sur la R&D: modèles économiques et propositions.

La RAM après BREXIT?
Le point de
vue du rédacteur en chef

Les commentateurs ne relient pas ces deux sujets, mais la perspective d'une action mondiale décisive sur la RAM lors du prochain G20 à Hangzhou, en Chine, pourrait s’être envolée avec Brexit.
 

  • C’était Cameron, le premier ministre, aujourd’hui démissionnaire après le vote BREXIT, qui avait nommé Jim O'Neill pour présider et diriger le projet à vision mondiale sur la Résistance Antimicrobienne, 'AMR Review', et c’était, au moins en partie, une initiative Cameron financée par ses soins.
     

  • Jim O'Neill espérait beaucoup de la Chine, chef de file pour les pays émergents et les pays en développement, pour mettre en avant des actions contre la RAM comme une question importante lors de la prochaine réunion du G20 à Hangzhou. Jim O'Neill a voyagé en Chine fréquement ces derniers mois. Le G20 devant préparer aussi la réunion aux Nations-Unies sur la RAM à New York deux semaines après le G20.
     

  • Jim O’Neill, Secrétaire Commercial au Trésor du Royaume-Uni est un économiste connu pour avoir lancé le terme « BRICS » terme désignant la notion que le groupe de pays émergents « Brésil, Russie, Inde, Chine » auxquels fut ajouté plus tard le ‘S’ pour l’ Afrique du Sud (South Africa) qui devenait un nouveau pouvoir sur la scène internationale.

  • Cameron a fait du Royaume-Uni un allié de la Chine en Europe, et parmi les nombreux accords et visites d'État à État et collaborations (la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, la BAII, accords commerciaux, la City comme place financière pour le Yuan, etc.), il y avait eu aussi l'accord sino-anglais de recherche médicale conjointe sur la résistance aux antibiotiques, avec la réunion à Shanghai en novembre dernier, et l’implication du Conseil pour la Recherche Médicale du R-U.


Le Royaume-Uni était donc dans une position unique pour inciter la puissante Chine à l'action sur la RAM, même si cela pourrait signifier, pour cette dernière, empiéter un peu sur ses corporations, en tant que première productrice mondiale d’IPA (ingrédients pharmaceutiques actifs), et grosse productrice de viande.
La Chine pourrait agir sur la colistine, (dont l'utilisation dans l'élevage des animaux doit être interdite), inciter ses fabriquants de génériques à ne pas fournir l’élevage avec des promoteurs de croissance, faire en sorte que ses fabricants d’IPA ne polluent pas l’environnement et donner l’exemple par l'application de contrôles sur les déchets en antibiotiques. Surtout la Chine pourrait, peut-être seule, à moins que l'Inde ne relève le défi, convaincre le monde en développement que «non, la résistance aux antibiotiques n’est pas seulement un problème de l’homme blanc», (selon une expression en cours à l’OMS même où on est inquiet) et bien un phénomène qui nous concerne tous.
Exit Cameron, et quelles que soient nos tendances politiques et économiques, nous qui sommes préoccupés par la résistance aux antibiotiques ne pouvons que douter : la RAM aura-t-elle encore une place sur l’agenda du G20 ?
Avec quelle puissance influencer l'ordre du jour?


G. Upham
(Ces reflexions sont les miennes et ne sauraient engager l'Alliance WAAAR)

Reflexions sur le rapport de l’AMR Review

Le Rapport final de l’AMR Review, a suscité de nombreux commentaires de la part des gouvernements, universitaires, ONG comme du secteur privé. Il a donné lieu à des débats y compris lors de l'Assemblée mondiale de la Santé, et de la réunion du Conseil exécutif de l’OMS qui suivit (23-31 mai 2016) Voici quelques réflexions et critiques sur le rapport.
 

Dr Grania Brigden, conseillère Tuberculose et RAM, Médecins Sans Frontières
 

Dr Grania Brigden souligne que le Rapport confirme ce qu’a longtemps exprimé MSF : le «système actuel R&D ne s’accorde pas toujours avec le développement et la fourniture des médicaments, des vaccins et des diagnostics dont nous avons besoin." Dr Grania, souligne également que le Rapport est une première étape importante dans la lutte face à cette défaillance du marché, mais qu’il ne va pas assez loin, que le Rapport ne se concentre pas beaucoup sur l'accès soit aux outils existants, tels que les vaccins qui continuent d'avoir des barrières de prix considérables, soit à l’accès à de nouveaux produits. Elle affirme que les solutions mentionnées dans le Rapport tendent à préconiser de subventionner des prix plus élevés plutôt que d'essayer de surmonter ce problème en premier lieu. Elle dit aussi que «Les gouvernements et l'OMS doivent jouer un rôle plus central dans la définition des priorités et prendre des décisions au sujet de la R&D. Il est important que les besoins des pays en développement comme des personnes laissées pour compte ne soient pas délaissés; ces besoins devraient être considérés dès le départ lorsque les priorités sont définies, quand les produits sont conçus et les stratégies d'accès et de conservation sont établies. Les personnes les plus vulnérables ne doivent pas être oubliées." Dr Annette Heinzelmann — Directeur médical, MSF a également souligné que “les infections résistantes aux médicaments sont une menace imminente dans le travail de MSF, ils sont partout:. “Nous les voyons chez les patients blessés de guerre que nous soignons en Jordanie et chez les nouveau-nés au Niger. Notre personnel médical voient de plus en plus de gens qui ont des infections qui ne peuvent être soignées qu’avec des antibiotiques de dernière intention. Il est vital que cette question importante soit prioritaire sur l'agenda politique car elle ne peut plus être ignorée. Tous les pays doivent se rendre compte de la gravité de la question et prendre des mesures ."
Note: le témoignage de MSF sur l’existence de la RAM partout où l’ONG opère est important pour faire face à la tendance des pays hors OECD de considérer la ‘résistance’ comme surtout un problème des pays riches. Déjà à la conférence international de Barcelone, MSF mettait en garde sur la Tuberculose pharmaco-résistante : ”L'heure n'est pas à la complaisance: dans certains pays d'ex-Union Soviétique, plus d'un tiers des patients chez qui MSF a diagnostiqué une TB-R n'ont jamais été traités auparavant, ce qui implique une transmission directe, de personne à personne, des formes résistantes de la maladie”

Web=link:http://www.msfaccess.org/about-us/media-room/press-releases/msf-response-o%E2%80%99neill-report-antimicrobial-resistance


Laura J V, Institut Piddock de microbiologie et maladies infectieuses, Université de Birmingham, Birmingham, Royaume-Uni
 

“La pharmaco-résistance s’est au départ répandue furtivement; par conséquent, l'augmentation du financement n'a pas été considéré comme nécessaire. Cependant, les conclusions de l'AMR Review montrent très clairement que globalement cette urgence éclipse les menaces récentes par plusieurs ordres de grandeur. La capacité de l’AMR Review à interagir et influencer l'Assemblée mondiale de la Santé, le G20, et les Nations-Unies dans le sens de leurs recommandations ne peut pas être sous-estimée. Si toutes les recommandations sont pleinement mises en œuvre et la résistance aux antimicrobiens est surmontée, ce sera l'une des réalisations les plus importantes du 21e siècle, permettant d'économiser d'innombrables semaines et mois de perte de productivité, et bien évidemment, permettant d'éviter des morts inutiles en raison d'infections difficiles à soigner ou incurables.”
Web-link: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S147330991630127X

 

Le “Centre AMR” britannique répond à Lord O'Neill


En réponse au Rapport de l’AMR Review, le Dr Peter Jackson, président du groupe directeur du “AMR Centre” au Royaume-Uni, a déclaré: "Le comité directeur du AMR Centre se félicite du rapport de l’AMR Review par O'Neill et l'accent mis sur la lutte contre la pharmaco-résistance au niveau mondial. Ce rapport souligne la nécessité pour les gouvernements du monde entier et l'industrie d’agir plus avant, ensemble, pour combler le fossé de l'innovation et développer de nouveaux antibiotiques comme une priorité. Une des principales raisons de cette lacune est le manque de fonds de démarrage pour les PME qui souhaitent faire de la recherche sur de nouveaux antibiotiques, ainsi que les modèles commerciaux existants qui ne mettent pas d’incitations à la recherche dans ce domaine."
Web=link: http://mspl.co.uk/news/response-to-lord-o-neill-amr-review/


Florence Séjourné, PDG de Da Volterra - représentant la BEAM Alliance à propos de l’AMR Review
 

“Les sociétés de biotechnologies telles que les membres de la BEAM Alliance soutiennent tout à fait la vision et les solutions pragmatiques proposées par la AMR Review. C’est la première fois qu'une telle analyse économique, globale et approfondie, est publiée sur la menace que pose la résistance aux antimicrobiens avec des projections à long terme. Nous, en tant qu'acteurs de l'innovation dans ce domaine, nous sommes confrontés chaque jour à la problématique des besoins en financement, de la mises sur le marché, et autres questions pour les payeurs de soins ainsi soulevées par l'équipe de Jim O'Neill, des problèmes qui limitent et même parfois nous empêchent de traduire le potentiel de grandes idées innovantes en des produits à mettre sur le marché.
Le Fonds mondial pour L’Innovation, les prix-récompenses proposés pour la mise sur le marché et le diagnostic, la promotion de nouvelles solutions alternatives et préventives, et dans l'ensemble, de meilleures récompenses pour l'innovation par l’achat et la distribution des systèmes de santé nationaux sur les solutions pour faire face à la RAM, sont toutes des actions ambitieuses mais nécessaires pour changer radicalement la situation de crise actuelle. .
Nous espérons que les dirigeants du monde entier vont non seulement reconnaître les conclusions de ce rapport, mais décider d'unir leurs forces et d’agir maintenant pour gagner la bataille contre la résistance aux antibiotiques ».


Les experts français sur le rapport de la AMR Review
 

Ce rapport final vient d’être publié. La mission était commandée par le gouvernement britannique et le Wellcome Trust. Le groupe de travail était constitué de 10 personnes temps plein, qui ont travaillé pendant 18 mois (contre 2 personnes pendant 6 mois pour le groupe de travail spécial français récent). Le chairman du groupe était Lord Jim O’Neill, économiste de renommée internationale et Secrétaire commercial au Département du Trésor au gouvernement anglais. Huit documents intermédiaires ont déjà été publiés, si bien que la Task force a déjà une reconnaissance mondiale.

Le rapport rappelle leur estimation du coût mondial de la résistance bactérienne : sept cent mille décès annuels actuellement, 10 millions de morts par an mondialement en 2050 si la tendance actuelle persiste, et 1000 milliards de dollars US cumulés d’ici 2050. Le rapport insiste sur le fait que la résistance est un problème mondial, et que chaque pays doit mettre en place des programmes nationaux dans une approche holistique. Les propositions du rapport sont d’ailleurs de portée internationale, et ne sont pas destinées uniquement à la Grande-Bretagne. Elles insistent en particulier sur les problèmes spécifiques des pays en voie de développement.

Beaucoup de propositions sont similaires à celles du rapport français, et sont regroupés en dix points :
  1. Grande campagne de communication (massive, dit le texte), destinée aux professionnels et au grand public. Le coût en est estimé à 40 à 100 millions USD par an. La CNAM aura-t-elle une telle somme à mettre dans la balance ?
     
  2. Amélioration des mesures d’hygiène (en particulier la désinfection des mains), de même que le contrôle et la prévention de l’infection, en particulier à l’hôpital.
     
  3. Réduction de l’usage inutile des antibiotiques en agriculture, la consommation des animaux représentant 70 % de la consommation totale. L’utilisation prophylactique et comme facteurs de croissance doivent être évitées, de même que l’emploi des antibiotiques critiques pour l’homme. Le rôle de l’environnement est évoqué, mais sans doute pas traité avec assez de précision.
     
  4. Amélioration des systèmes de surveillance de la consommation d’antibiotiques et de la résistance, aussi bien chez l’homme que chez l’animal, avec utilisation des moyens informatiques modernes (big data)
     
  5. Mise à la disposition des cliniciens d’outils de diagnostic rapide. Le rapport indique qu’en 2020, il ne devrait plus être pensable de traiter un malade sans un diagnostic précis. Ce point est important, et suppose un changement total dans la philosophie et les comportements thérapeutiques. Ce point a été un peu négligé dans le rapport français.
     
  6. Développement de nouveaux vaccins et des alternatives thérapeutiques (on pourrait rajouter usage des vaccins existants).
     
  7. Augmentation du nombre, de la rémunération et de la reconnaissance des professionnels, des infectiologues, et des personnes dévouées à la lutte contre la résistance bactérienne (reconnaissance financière mais aussi scientifique). Cette proposition originale, mais pragmatique va certainement plaire énormément !
     
  8. Mettre en place un fonds global pour l’innovation. Le rapport propose de créer un fonds pour aider les firmes pharmaceutiques et les start up dans la recherche et développement, en particulier pour les phases précoces. Le montant évoqué pour cet « AMR global innovation fund » est de 2 milliards USD sur 5 ans.
     
  9. Améliorer le retour sur investissement pour les firmes pharmaceutiques qui développeraient des antibiotiques ou des alternatives innovants. Il est proposé en particulier de découpler la relation historique entre les profits et les ventes. Pour ce faire, le rapport propose de délivrer aux firmes une aide de un milliard de dollars US par drogue innovante mise sur le marché.
     
  10. Mettre en place une coalition mondiale avec des actions pratiques et effectives, en particulier via les réunions du G7 et du G20, ainsi que des Nations-Unies.
AMR Review a également proposé de créer une structure mondiale destinée à réguler entièrement le marché et la distribution des antibiotiques. Ce projet, extrêmement ambitieux, et probablement à la limite de la faisabilité n’est pas repris dans les 10 mesures proposées dans le rapport.

En conclusion, ce rapport, aboutissement d’un travail très important d’un groupe de 10 personnes sur 18 mois est de bonne qualité met en avant les mêmes propositions que d’autres rapports, en particulier du groupe de travail français. Il est innovant sur certains points, en particulier sur les aides financières à apporter pour aider les firmes pharmaceutiques et les start up, qui sont décrites avec précision et qui surtout sont chiffrées. Le rapport est d’ailleurs rempli d’évaluations financières, qui montrent qu’à l’inverse des Français, les Britanniques sont complètement décomplexés sur le sujet. On peut regretter que le sujet de l’environnement ne soit traité que très brièvement, et de façon superficielle. De même les actions de bon usage des antibiotiques (antibiotic stewardship) ne sont pas traitées dans le détail.

Dr Jean Carlet and Pr Jacques Acar.

 

Le Rapport O'Neill AMR Review, vu depuis l'Afrique de l'Ouest


Que diriez vous à Lord Jim et quelles sont vos réactions aux différents thèmes du rapport, c’est ce que nous avons demandé à un médecin infectiologue de l’Afrique de l’Ouest.

Question : Comment avez vous perçu le Rapport de la Review ?

Dr Aya Bobo D. : Il est surprenant, mais c’est très encourageant, quand un financier de la City qui préside un rapport qui se veut une prescription mondiale, prend en compte les soucis des pays les ‘moins avancés’ !
Médecin infectiologue, ayant travaillé dans des conditions difficiles avec si peu de moyens et si peu de staff, dans une région qui a subit l’épidémie d’Ebola, j’ai évidemment beaucoup apprécié la section, inhabituelle dans ce genre de rapport, sur la nécessité de renforcer les systèmes de santé, d’employer et de former plus d’infectiologues et de rehausser notre spécialité. Nous avons cruellement besoin de formation de nos personnels de santé.


Question : A propos de l’usage approprié du médicament ?

Dr Aya Bobo D. : Il est effectivement urgent de former nos prescripteurs à propos des antibiotiques, et nos ministères et directeurs de la santé ne devrait pas avoir peur d’agir, tant au niveau législation, ordonnance dédiée, qu’au niveau surveillance.
Là des systèmes informatisés seraient vraiment utiles. Il convient de remarquer que nos responsables ne devraient pas se sentir intimidés à soulever ces questions, puisque les pays les plus riches sont eux-mêmes très concernés : très récemment le docteur Tom Frieden, directeur des CDC des USA a commenté sur l’inquiétante étude montrant que plus de 30 % des prescriptions d’AB étaient inutiles (et donc nuisibles au vu de la résistance aux AB), tandis que le rapport de la AMR Review souligne que dans l’étude sur la gonorrhée dans l’Union Européenne, on voit que les médecins ont tendance à prescrire les derniers médicaments sans diagnostic précis (page 39 - ndlr).


Dans nos pays pauvres, les médecins qui se veulent à la pointe de leur spécialité, ont tendance à systématiquement prescrire les nouveaux antibiotiques à tout patient venant des classes moyennes, sur la base ‘au cas où’ alors que plus de 70 % des AB sont des génériques peu chers qui marchent encore. Il est impératif de laisser les nouveautés uniquement pour les cas d’infections bactériennes caractérisées et diagnostiquées comme résistantes aux médicaments de base.
Dans les cas où nos systèmes d’assurance maladie et ou mutuelles, remboursent ces médicaments, nous allons créer des coûts inutiles alors même que nous allons aider la montée de la résistance bactérienne aux nouveaux produits.
En fait discipliner les prescripteurs, au niveau national et international, est nécessité AVANT même la mise sur le marché de nouveaux produits, sinon en quelques années le nouveau médicament devient inefficace. Dans nos pays, il y aurait aussi le besoin urgent de formation et de recrutement des pharmaciens.


“ D'énormes quantités d'antimicrobiens, en particulier des antibiotiques, sont gaspillés globalement sur les patients qui n’en ont pas besoin, tandis que d'autres qui en ont besoin n'y ont pas accès. Un changement fondamental est nécessaire dans la façon dont les antibiotiques sont consommés et prescrits, pour préserver l'utilité des produits existants plus longtemps et réduire l'urgence de découvrir de nouveaux.”(AMR Review)

Merci d’avoir aussi souligné que dans nos pays, il y a toujours plus de morts par manque d’accès aux antibiotiques que par la résistance des bactéries ! Il nous faut combiner un meilleur accès sans excès. D’où l’absolue nécessité d’avoir des SSP bien formés et outillés couvrant nos territoires. Votre rapport semble bien l’avoir compris et je vous en remercie. On ne peut pas simplement ordonner l’arrêt des ventes libres d’antibiotiques quand il n’y a personne pour faire un vrai diagnostic et une ordonnance. Vous l’avez compris merci. Nous avons besoin d’améliorer étape par étape, l’accès aux structures de soins.


“Il y a des cas où les ventes aux comptoirs ont leur places. Par exemple, quand il y a peu de ressources, ces ventes directes peuvent être le seul accès aux médicaments nécessaires pour ces populations là. Dans ce contexte, améliorer l’accès aux services de santé est bien plus important qu’une réglementation autoritaire.” (AMR Review)

Question : A propos de la proposition sur l’accès aux outils de diagnostics sur le lieu du soin ?

Dr Aya Bobo D. : C’est très important pour nous, ce d’autant que nous manquons actuellement cruellement même de laboratoires pour des analyses ‘à l’ancienne’. Mais pour ce faire, il serait important de développer le secteur des IT et nouvelles technologies de fourniture de soins allant vers le patient. Un apport de technologies perfomantes serait aussi un frein considérable à l’exode de nos soignants des zones rurales vers les capitales, ou bien, de plus en plus, chez vous à Londres, par exemple.

Question : A propos du ‘Contrôle Infectieux’ ?


Dr Aya Bobo D. : Merci d’avoir mis en avant que le développement de l’eau potable et de l’assainissement, pourrait éviter la maladie et même la mort à des centaines de millions d’enfants tous les ans ! Votre étude réalisée par la London School of Economics sur seulement quatre pays est un modèle à suivre (* Brésil, Inde, Nigéria, Philippines), nous devrions la faire aussi chez nous, et aussi solliciter nos partenaires qu’ils soient de Chine, de l’OCDE, ou d’ailleurs, pour de l’investissement et pour de rapides interventions dans ces domaines.
Souhaitons qu’au G20, les ministères des finances soient secoués sur ces réalités-là et qu’un effort d’investissement nécessaire soit urgemment entrepris.
Ensuite, alors même que le contrôle infectieux est très haut sur la liste des priorités du Plan Résistance aux Antimicrobiens, adoptés par tous les Etats membres, en mai 2015, lors de l’AMS aux Nations-Unies, cela reste très sous-financé dans nos pays. Et les fonds restant pour Ebola s’en vont ailleurs. Or rien ou presque n’a changé depuis qu’Ebola a ravagé nos pays et décimé nos personnels de santé. Pourtant la plupart des infirmières et membres du personnel contaminés l’ont été à cause des manquements terribles à l’hygiène. Je notais sur Promed, (en date du 13 juin) une étude réalisée par une équipe américaine sur la stabilité du virus Ebola dans des traces de sang sur des billets de banque et des seringues usagées dans l’environnement hospitalier, démontrant que le virus reste viable plus de 30 jours!
(Voir l’article dans cette édition du Temps de la Résistance aux Antimicrobiens NDLR)


Mme la doctoresse Margaret Chan avait heureusement lancé une campagne sur les injections propres (et le danger des milliards d’injections sales dans nos pays pauvres ou émergents tous les ans en milieu de soin). Mais les fonds n’ont pas vraiment suivi, et nos pays ont du mal à saisir l’importance qu’il y a à faire en sorte que nos services de santé ne soient pas (ne soient plus) des amplificateurs et des propagateurs d’épidémies de maladies qu’elles soient pharmaco-susceptibles ou pharmaco-résistantes.
En cette période de campagne pour la direction de l’OMS, il serait bon de demander aux candidats ce qu’ils comptent faire avec les États membres pour que cette priorité soit actée, et que les investissements internationaux soient débloqués à cet effet.
En Inde, la campagne ‘Clean India’ est un exemple qui devrait aussi être approfondi à New Delhi et exportée partout !


Question : Votre commentaire à propos de l’élevage et de l’environnement ?

Dr Aya Bobo D. : Là aussi, il est important de voir qu’à l’ère de la globalisation la plupart de nos médicaments de marques ou génériques sont fabriqués chez nos frères indiens ou chinois. Personne, aucun pays, ne devrait s’arroger le droit de faire du dumping d’antibiotiques, de résidus, dans l’environnement au mépris des populations de ces pays, sans compter que les gènes de résistance qui se forment dans l’environnement reviendront forcément chez tout le monde, y compris les plus riches pays, comme on le voit déjà. Dame Sally Davies, une pasionaria de la cause (et nous en aurions bien besoin dans nos pays) a bien remarqué que le ‘NDM-1’ avait voyagé dans 18 pays en 12 mois!). Plus de responsabilité au niveau pays producteur comme importateur et au niveau des entreprises est bien nécessaire, et le rapport parle réglementation et techniques relatives aux déchets au niveau des entreprises (médicaments ou élevage). Ensuite le rapport propose une échelle, car tous les pays ne peuvent pas progresser à la même vitesse. Là encore c’est une proposition très respectueuse de nos pays et je vous en remercie. J’ajouterai que souvent, des marchands non scrupuleux vendent des ‘nourritures fortifiés ou vitaminés’ à nos paysans alors que celles-ci contiennent en fait des antibiotiques !


Enfin, sans donner dans les excès, une agriculture plus respectueuse de la vie animale, et donc là aussi plus ‘propre’ donne d’excellents résultats sans antibiotiques, à l’exception de maladie grave et individuelle, (voir le rapport de l’OCDE- ndlr). Et ce serait, après tout, en accord avec une réponse intelligente au réchauffement climatique : respecter l’environnement et la vie animale au bénéfice de tous.

Là aussi comme ailleurs, ils nous faut une société civile active, bien formée, qui nous appuie comme de vrais chiens de garde, sans conflit d’intérêt.
Dr Chan, dont la fin de mandat donne une liberté certaine, a donné le coup d’envoi d’une campagne ‘demander de la viande sans antibiotique’, Bravo ! Et que nos gouvernants en fassent autant.

Question : A propos d’une campagne globale et massive d’information sur la résistance aux antimicrobiens ?

Dr Aya Bobo D. : L’enquête effectuée par le Wellcome Trust, avec la AMR Review, m’a énormément amusée, et je vous félicite car il s’agit qu’une enquête remarquable ! On notera que le public reste de marbre quand on compare la résistance aux antibiotiques au changement climatique, quand on leur jette à la face le nombre de morts à venir, ou bien les ‘coûts pour l’économie mondiale. En fait, ces données répétées dans tous les médias du monde, si elles peuvent servir de justification pour nos gouvernants, ne sont même pas utilisables par les Ministres gérant nos budgets, qu’ils soient de pays pauvres ou riches, car les budgets sont faits à court terme.

De surcroît, la plupart des gens pensent que la résistance s’applique à leur corps, et non pas aux bactéries en rapport avec le médicament, et donc beaucoup répondent que cela ne les concerne pas puisque ‘eux’ ils mangent sainement et ne prennent pas de médicaments... Dans ces conditions, faire appliquer une meilleure hygiène va être difficile.
Peu, chez nous, avaient bien compris la nécessité de faire attention au ‘péril fécal’ durant l’épidémie d’Ebola, un virus évidement facilement transmise par contamination fécale, comme demain les épidémies à venir de diarrhées d’origine bactériennes résistantes aux antibiotiques!
Le rapport note que le terme même de ‘résistance’ a été mal choisi. C’est aussi un pur délice de lire ce rapport et comprendre l’énorme chemin qui reste à faire en termes d’éducation du public !
Il serait important de confronter les candidats à la direction de l’OMS sur leur compréhension de cette problématique ainsi que d’intervenir dans les campagnes électorales et les réunions économiques sur cette question de la résistance, et au moins faire en sorte que nos dirigeants soient mieux éduqués sur le sujet.

Question : Pour conclure, sur la R&D, vos réactions?

Dr Aya Bobo D. : En ce qui concerne la recherche-développement, il ne faudrait pas oublier qu’énormément de médicaments viennent de l’innovation financée par le secteur public, et ce notamment et sûrement par le gouvernement des Etats-Unis, citons le NIH (Institut National de la Santé) et d’ailleurs de même dans tous les pays riches. Il est quelque peu inquiétant d’entendre de nos jours, un peu partout d’ailleurs, que si l’industrie n’a pas de nouveaux antibiotiques à mettre sur le marché, c’est parce que d’autres secteurs sont plus profitables : les maladies à traitement à vie : hypertension, cholestérol, diabète, VIH, ou bien cancer et encore hépatites, et donc, posons-nous la question ; est-il désirable d’envisager de soutenir la production d’antibiotiques au même niveau pour atteindre une profitabilité record ?

“Le marché total des antibiotiques est relativement important: environ 40 milliards de dollars de ventes par an, mais avec seulement environ 4,7 milliards de dollars de ce total des ventes d'antibiotiques brevetés (ce qui est à peu près le même que les ventes annuelles pour un
médicaments au top des ventes contre le cancer). Il est donc pas étonnant que les entreprises ne souhaitent pas investir dans les antibiotiques en dépit des besoins médicaux très élevés. Cette volonté ne changera pas jusqu'à ce que nous alignions mieux les incitations commerciales pour répondre aux besoins de la santé publique.

(...) Nous avons proposé un système de récompenses pour une entrée sur le marché d'environ un milliard de dollars par médicament pour des traitements efficaces, si elles sont fondées sur les nouveaux ou anciens médicaments qui agissent contre les agents pathogènes résistants dans les zones de besoin les plus cruciaux.A titre d'exemple, la tuberculose, la gonorrhée, les pathogènes Gram négatifs ainsi que quelques indications fongiques sont tous reconnus pour représenter des besoins urgents qui sont actuellement mal desservis par le développement en terme d’antimicrobiens.”
(AMR Review)


L’idée qu’il y aurait quelque chose de ‘naturel’ dans un profit systématique extraordinairement élevé pour tout médicament innovant, est, elle, une idée qui n’est pas tombée du ciel... A quand un antibiotique à 20 000 euros le traitement de 5 jours ?


Puis-je ainsi oser poser la question : et si ces mêmes milliards étaient alloués (après tout ce sera de l’argent public des pays les plus riches) à un ou des centres de recherche en Afrique ? Ou à une sorte de CERN (le Centre Européen de Recherche Nucléaire) qui avait permis une collaboration de tous les pays riches en pleine guerre froide ?

Après tout la politique nationale des Etats-Unis n’est-elle pas d’investir – donc de mettre de l’argent public – dans la recherche publique ? Et le gouvernement anglais d’investir dans le Fleming Fund (375 millions de dollars US pour la surveillance dans les PED), ainsi qu’une initiative anglo-chinoise le new Global Innovation Fund, comme vous le dites.

Dernières nouvelles de la 69ème Assemblée mondiale de la Santé


La RAM est de plus en plus une des crises sanitaires qui résonnent dans le monde entier, et il y a un besoin criant d'une action coordonnée globale, ci-dessous, vous trouverez des reportages par l’équipe de la WAAAR, sur les réunions à la 69e Assemblée mondiale de la Santé aux Nations-Unies, à Genève.
 

Le nouveau livre, AMR CONTROL 2016, de ACdeBMR/WAAAR rencontre un accueil très favorable

 

Au cours de l’Assemblée mondiale de la Santé (AMS) au Palais des Nations, à Genève, nos correspondants ont eu l’opportunité de parler à des représentants de pays au plus haut niveau sur l'importance de la RAM dans l'agenda mondial de la santé, et nous avons assisté à de nombreux événements parallèles avec les représentants des Etats. Dans les réunions, nous avons introduit la publication "AMR Control 2016”, et nous avons reçu beaucoup de réponses positives des fonctionnaires de pays, des ONG, des organisations internationales et du bureau de la DG. Parmi les participants notables qui ont montré un grand intérêt pour le livre AMR Control 2016, plusieurs avaient été enthousiastes à propos de AMR Control 2015, Pr Dame Sally Davies — Chief Medical Officer de l'Angleterre, Mme Malebona Matsoso Precious — Le Directeur général de la Santé en Afrique du Sud, Mme Dagmar Reitenbach — Chef de la Division de la Santé mondiale au Ministère fédéral allemand de la Santé, Mme Hala Audi — Chef de l'équipe de O’Neill AMR, S.E. Dr Mahmoud Thabit Kombo — Ministre de la santé de Zanzibar, de l'Algérie, Oman, l'Egypte, l'Equateur et beaucoup d'autres, notamment les représentants des unités santé pour l'Union européenne. Quatre-vingt dix livres ont été offerts aux représentants de haut niveau lors de rencontres publiques ou privées. Un grand nombre de participants se sont intéressés à la newsletter AMR-TIMES. Le livre AMR Control 2016 devrait être largement disponible en août, juste à temps pour le G20 à Hangzhou. Pour rappel (voir AMR-Times du numéro de mai), il inclut les contributions de leaders mondiaux de la santé publique tels que Lord Jim O'Neill, Mario Raviglione, Rosanna Peeling, Soumya Swaminathan, Kamini Walia, Didier Pittet, Awa Aidara Kane, Antoine Andremont, Tong Zhang, Ana Maria de Roda Husman, Joakim Larsson, Stephan Harbarth de Drive-AB, Eric Pelfrene et Mario Cavaleri de l'Agence européenne des médicaments, Nigel Livesley de l'USAID, Cassandra Quave, sans oublier les leaders de la lutte contre la pharmaco-résistance de la France avec Jean Carlet, Christian Brun-Buisson, Anne-Claude Crémieux, Patrick Dehaumont, Benoit Schlemmer et Benoit Vallet.



Séminaire sur la RAM et l'innovation
 

Cet événement au Palais des Nations a été présidé par madame le professeur Dame Sally Davies, avec deux tables rondes comprenant des participants de l'industrie pharmaceutique, des ministères de la santé, des fonctionnaires de l’UE et des représentants de la DG. Le 1er orateur fut la Drs. Angelique Berg —Directrice général du Ministère de la Santé, Bien-être et Sport des Pays-Bas. Elle s’est dite très préoccupée par la RAM: “Le sujet que l’on m'a demandé de présenter aujourd'hui, est celui dont je me inquiète le plus", et elle a également insisté sur le fait qu'aucune classe majeure d'antibiotiques n’a été découverte depuis 1987. Elle a souligné: “nous manquons de traitements, nous manquons de temps.”
Elle a ensuite lancé une interrogation aux participants : Y-a-t-il des traitements efficaces en cours lorsque les médicaments de dernier recours ne fonctionnent plus? A la fin de sa déclaration, elle a insisté pour plus de coopération et l'établissement de priorités comme étant nécessaire, et que «les mécanismes de ‘pousser-tirer’ (push and pull) sont nécessaires pour mettre des produits sur le marché." Pr Marc Mendelson — Directeur, Division des maladies infectieuses et VIH, Université de Cape Town, Afrique du Sud (qui parlait au nom de son DGS) a présenté la façon dont la question est perçue dans son pays. Il a dit que l’Afrique du Sud fait face à une menace quadruple, en termes de maladies infectieuses: tuberculose, paludisme, VIH et résistance antimicrobienne! Pourtant, nous sommes dans l'âge d'or de la découverte antirétrovirale, a-t-il ajouté, et si l'on regarde la quantité de recherches effectuées sur les ARV elle est comparable à celle sur les antibiotiques il y a 50 ans. Il a souligné que nous devrions adopter les leçons tirées de cette expérience là. Il a également ajouté que; «En plus de tous les modèles que nous avons besoin d'adopter, (pour stimuler la R&D—NDLR) nous avons vraiment besoin de comprendre comment gérer la mise à disposition de ces nouveaux médicaments et comment centraliser la dispensation de nouveaux médicaments, de diagnostics et vaccins."

Lord Jim O'Neill n’était pas présent à la réunion cependant, la Dr Hala Audi, est venue à sa place, pour représenter la AMR Review. Elle a introduit la AMR Review, expliquant comment tout a commencé et comment ils ont abordé le problème sous l'angle financier, mettant en valeur la dimension économique de la RAM, avec des coûts en perte pour le GDP mondial estimé à 100 milliard de dollars, en 2050. Cette approche a été un moyen d'engager le dialogue avec les gouvernements, les ministères des finances et chefs d'Etat. Elle a déclaré que, bien que l'examen couvre de nombreux domaines, depuis la réduction dans la consommation d’antibiotiques, jusqu’à l’amélioration de l'accès au diagnostic, ou le contrôle infectieux. Elle a ensuite présenté les différentes propositions pour aider le secteur à produire de nouveaux antibiotiques, notamment les ‘prix-récompenses’ pour des produits entrant sur le marché. Représentant l'industrie pharmaceutique, M. James Anderson — Directeur des Partenariats externes à GlaxoSmithKline (GSK) a principalement parlé de la Déclaration de Davos sur la RAM par l'industrie, indiquant comment trois grandes sociétés pharmaceutiques l’avait lancée. Il a précisé que la déclaration est un ensemble d'engagements pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens, non seulement pour davantage d'investissements dans la R&D pour développer des antibiotiques, mais qu’elle va au-delà, “pour tirer parti des compétences et la passion des scientifiques à travailler différemment, à travailler plus avec des moyens efficaces." Il a souligné l'importance de l'engagement à travailler ensemble dans des partenariats entre entreprises ou bien en PPP public-privé. Il a réitéré que l'industrie a un rôle très important à jouer dans 10 des recommandations formulées par le rapport O’Neill, et au moins un rôle de soutien dans 9 d'entre elles. Il a conclu en rappelant que GSK a construit un nouveau centre de recherche en Chine. De nombreux autres orateurs notables faisaient également partie du panel, y compris le Dr Nithima Sumpradit — Ministère de la Santé de la Thaïlande, le Pr Chris Baggoley — Médecin-Chef du ministère de la Santé en Australie, M. Gianpietro van de Goor — directeur général de la politique de la Commission européenne et beaucoup d'autres, qui ont partagé leurs préoccupations au sujet de la RAM et de leurs attentes pour les prochaines réunions de l’AMS et de l’Assemblèe gènèrale des Nations-Unies à New York en septembre. Enfin, la réunion s’est conclue par quelques remarques du Dr Keiji Fukuda — Représentant spécial pour la RAM auprès de la DG de l'OMS, qui a présenté les dernières nouvelles sur le processus et les modalités de l’AG des N-U à New York en septembre, suivi par Dame Sally Davies qui a déclaré qu'il y a presque un consensus sur ce que nous voulons : que la réunion de haut niveau de l'ONU construise à partir du Plan d'action mondial de l'OMS, et elle a exhorté tous les participants à la réunion et panélistes à parler aux Missions des Pays auprès des Nations-Unies à Genève ou à New York, de sorte que des messages clairs passent lors de la réunion des Chefs d’Etats en AG à New York. Le Pr John-Arne Rottingen — Institut de Santé Publique de Norvège, a annoncé de nouvelles propositions avec DRIVE-AB, il a souligné que la limitation à l'utilisation excessive d'antibiotiques devait être abordée en même temps que l'accès aux médicaments, tandis que depuis Washington, le Dr Joseph Larsen — Secrétaire adjoint, Préparation et Réponse de BARDA, (l'Autorité de recherche et développement biomédicale avancée), qui a expliqué comment l'Administration des USA avait décidé que BARDA, fondée pour la R&D permettant de faire face aux menaces biologiques, avait été élargie à la R&D d’antibiotiques. La DG de l'OMS a fait une apparition très rapide, Dr Margaret Chan a exprimé le souhait d'un grand mouvement de consommateurs pour demander de la viande sans antibiotiques.


France, Éthiopie, Pakistan: la campagne électorale pour la direction de l’OMS

La campagne électorale pour le remplacement du directeur général de l'OMS est en cours (élections en 2017), elle s’est accélérée lors de l'Assemblée mondiale de la Santé. La France recherche le soutien de pays en développement pour son poulain, le Dr Philippe Douste-Blazy d'UNITAID, alors que le candidat du groupe Afro, l'Ethiopien Dr Tedros Adhanom Ghebreyeus, est bien placé et la région EMRO pourrait rallier la candidate du Pakistan, Mme le Dr Sania Nishtar. Nous allons suivre la campagne. Pour cette première couverture, nous nous concentrerons principalement sur le candidat français.

Les deux candidats, celui de la France et celui de la région AFRO ont été entendus à la veille de l'Assemblée mondiale de la Santé, lors de l'événement annuel de l'industrie réunissant la communauté française (ministres et personnalités de l’Afrique francophone, des représentants de la Belgique, la Suisse, le Canada et d'autres pays de langue en partie française, et bien sûr de France) organisé par le LEEM (Les Entreprises du Médicament) à l'Hôtel Intercontinental de Genève, à laquelle des journalistes de AMR-Times et des représentants de WAAAR ont participé.
Nous avons entendu le candidat français Dr Philippe Douste-Blazy, président d'UNITAID, ancien ministre de la Santé et des Affaires étrangères, et le Dr Tedros Adhanom Ghebreyeus, du conseil d'administration du Fonds mondial, ministre des Affaires étrangères de l'Éthiopie et aussi ancien ministre de la Santé —  le seul orateur en anglais à l'événement.
Douste-Blazy a fait une intervention bien accueillie, il a souligné la nécessité d'élaborer des politiques de santé mondiale du point de vue des besoins de la majorité des habitants pauvres de la planète, et que pour cela les soins de santé primaires (SSP) doivent redevenir une priorité.
Il a insisté sur la nécessité d'augmenter le financement du programme central de l'OMS (ce qu’on appelle les ‘contributions fixées’— en rapport avec la capacité des pays, en contraste avec les fonds pour tel ou tel projet choisi par un donateur) comme étant fondamentalement dans l'intérêt des pays africains, parce que, dit-il, l'OMS est le lieu où l'Afrique a le plus d'influence, alors que la multiplication des «fonds spéciaux» (extérieurs à l’OMS) au cours de ces dernières années n’a pas augmenté la voix de l’Afrique sur l’arène internationale..
Il a souligné l'importance de l'OMS dans sa fonction normative.
Il a dit qu'il exprimait là tout haut sa pensée, alors même qu'il avait lui-même géré un fonds spécial, UNITAID. UNITAID, a-t-il dit, avait mis l'accent sur l'accès aux médicaments pour les populations les moins avancés, avec les ‘communautés de brevets’.
Rappelant à son auditoire l’engagement de UNITAID pour les soins des tuberculoses pharmaco-résistantes, Douste-Blazy a conclu que la RAM devait être la priorité aujourd’hui.
Enfin, il a promis que le français serait de nouveau une langue utilisée dans les réunions mondiales de la santé, alors que — nous-a-t-il dit, il n'a pas entendu une langue autre que l'anglais au cours des dix dernières années dans des réunions mondiales d’experts sur la santé.

Le processus des candidatures et les régions AFRO, SEARO, EURO, WIPRO et de l'OPS.
L'intervention de M. Douste-Blazy a été un peu en contraste avec le candidat éthiopien qui est apparu plus dans la norme, membre du conseil d'administration du Fonds mondial, le Dr Tedros a souligné son expérience, le soutien de sa candidature par l'Organisation de l'unité africaine et mis l’accent sur la ‘continuité’ puisqu’il a insisté sur son engagement à poursuivre le «processus indispensable de réforme de l'OMS». Le Dr Tedros est reconnu pour son travail de création de soins de santé primaires dans son pays. Il a eu des liens étroits avec les Clinton. Dr Tedros est très occupé à voyager pour soutenir la candidature de l'Ethiopie pour le Conseil de sécurité de l'ONU.
Le troisième candidat principal, la doctoresse Sania Nishtar, ancien ministre de la Santé du Pakistan, et réputée ex-dirigeante d’ONG (Heartfile) n'était pas là, et n’avait pas probablement été invitée, car l’évènement annuel du LEEM est vraiment une affaire Francophonie-Afrique.
Dr Tedros est considéré comme le favori, parce que l'Afrique n'a jamais eu de DG de l'OMS, la dernière fois qu'il avait eu un candidat africain soutenu par l’ensemble des pays de la région AFRO, le très compétent et éminent Dr Pascoal Mocumbi (ancien Premier ministre du Mozambique), avait été l’année où le candidat J. W. Lee avait été élu comme ‘candidat de compromis’, car la très grande coalition de soutien à Mocumbi (pays d’Afrique, France, Belgique) s’était brisée sur la candidature soudaine de Peter Piot agissant en «trouble fête», après que le candidat soutenu par les USA, Julio Frenk, n'ait pas réussi à passer le premier tour de scrutin. Pour l'élection 2017, on dit que les Etats-Unis reste en arrière plan, mais semblerait soutenir l'Ethiopien.
L'histoire peut-elle se répéter?
Le processus électoral a également été complètement remanié, (dont certains sont critiques: Laurie Garrett), et chaque pays va voter électroniquement individuellement au lieu que ce soit simplement les membres du Conseil exécutif comme par le passé.

Il y a des rumeurs que la coalition Afro pourrait s’émietter. L'Afrique est, après tout, un immense continent, avec différents stades de développement et d'influence. Si cela devait se produire, d’autres candidats africains pourraient émerger, il y a eu une rumeur selon laquelle le DG de l’ONUSIDA le malien Dr Michel Sidibé, qui intervient dans la plupart des réunions sur la nécessité pour l'Afrique de se lancer sur des programmes de fabrication de médicaments, pourrait être un candidat, et, selon la rumeur, il proposerait de ramener le programme mondial SIDA de nouveau dans le giron de l'OMS. J.W. Lee se l’était proposé en son temps, sujet de friction avec Piot. Un autre candidat potentiel serait la ministre sénégalaise bien connue avec une longue carrière dans la santé mondiale, à compris à UNAIDS, la Pr Awa Coll Seck.
Contrairement à l'article dans le Washington Post, (plein d'erreurs), ce n’est absolument par la région des Amériques ‘PAHO’- OPS qui (avec AFRO) n'aurait jamais eu de DG, En fait PAHO a dirigé l'OMS plus que quiconque:pendant vingt ans, car le médecin brésilien MG Camdau a dirigé l'OMS de 1953 à 1973). En réalité, outre le groupe AFRO, c’est la région EMRO, qui comprend le Pakistan, qui n'a jamais dirigé l'OMS et donc, avec la région AFRO, les candidats ont un avantage de départ (la région SEARO a eu un Coréen J.W. Lee, et WIPRO a eu une Chinoise, la Dr Margaret Chan).
Douste-Blazy signifierait une candidature de la région EURO mais apparemment sans le soutien de l'UE! L'Europe a déjà eu plusieurs DG, notamment Gro H Bruntland et Halfdan Malher.
Le groupe français est donc très actif sur la scène internationale, ce qui doit être vu comme un arrière-plan de cette élection.

Le candidat français
Le Pr Douste-Blazy cherche à se placer sur les traces de Malher, avec son projet «Observatoire sur les inégalités de santé», (en écho à Piketti?), très connu pour son initiative pour les SSP à Alma Ata. Malher reste un modèle dans les pays pauvres et pour les ONG de développement, notamment avec le Mouvement populaire pour la santé (People’s Health Movement et leur veille OMS:  WHO Watch), et depuis l'insistance de Mahler sur les SSP, ce thème est revenu dans la liste des priorités (tous les groupes d'évaluation sur Ebola ont souligné l'importance du renforcement des systèmes de soins de santé de base), il est donc approprié que les SSP redeviennent un thème clef dans une telle campagne.
Une épine dans le pied de la campagne Douste-Blazy est l'instabilité actuelle du gouvernement brésilien, car la France et le Brésil sont depuis Lula des partenaires fréquents dans la santé mondiale, notamment avec la création de UNITAID, et le peu connu mais efficace groupe de sept pays de "Diplomatie et Santé" connu en anglais sous le nom "Foreign Policy and Public Health" groupe qui avait d’ailleurs été lancé en 2006 par le Ministre des Affaires étrangères de l’époque Douste-Blazy lui-même avec le ministre des Affaires étrangères de la Norvège — Jonas Store. En cette année 2016, le Sénégal préside le groupe.
Ironie de l’histoire c’est le groupe de 7 pays "Diplomatie et Santé", l’Afrique du Sud, le Brésil, la France, l’Indonésie, la Norvège, le Sénégal, et la Thailande, hébergé dans la Mission de France auprès des Nations-Unies à Genève, (alors que Douste-Blazy n’était plus au gouvernement) qui, par l’action d'un français entreprenant, travaillant à la Mission auprès des N-U à Genève, a introduit en décembre 2912 (et fait accepter) la Résolution sur la Couverture Sanitaire Universelle, la CSU, à l'assemblée générale des Nations Unies à New York (le 12 décembre, 2012).
Et il est important de rappeler que ce fut d'abord une résolution sur «l'accès universel à la santé», et jamais seulement un programme pour «l'accès universel à l'assurance-santé» (comme dit à tort dans certaines publications et organisations internationales, y compris certains départements de l'OMS!).
La plupart des partisans de la CSU sur la scène internationale et même parmi la société civile ne se souviennent pas que ce fut une initiative française, introduite par la Mission française auprès de l'ONU à Genève dans le système ONU à New York, et même le programme du candidat Douste-Blazy, à l’origine de “Diplomatie et Santé” ne le mentionne pas non plus ...!
Nous pouvons également regretter que la campagne du programme de Douste-Blazy ne mentionne pas le Plan national français sur la préservation des antibiotiques mis en place en 2015, et qui, même s’il n’est que de portée nationale et non globale, comporte moult similitudes avec les propositions du célèbre Rapport final de la AMR Review.

Le Royaume-Uni Vs la France?
En termes de politique de santé mondiale, le Royaume-Uni a une influence énorme, comme le montre l'AMR Review définissant les priorités mondiales de la RAM, ceci parce qu’avec les USA, et dernièrement la Fondation Bill et Melinda Gates, le Royaume-Uni est traditionnellement un important bailleur de fonds de l'OMS. Les Anglais s’investissent aussi énormément dans la politique sanitaire globalement. Dame Sally Davies est une pasionaria de la RAM et d'autres problèmes de santé mondiaux.
Il serait sage pour les autorités françaises d’arriver avec un financement important pour l'OMS comme une marque d'engagement (en contribution ‘fixe’), notamment au Conseil exécutif prochain.

La campagne de la France en matière de santé mondiale:
Apparemment en soutien à la candidature Douste-Blazy:
- Conférence de haut niveau sur la sécurité sanitaire internationale, Lyon, en mars dernier (22-23/03/16).
- L'engagement de la France sur la campagne pour l'accès aux médicaments des Nations Unies
- L'intervention du G7 à Tokyo sur le prix des médicaments, qui est sur l’agenda de la réunion des ministres de la santé du G7 en septembre au Japon (une initiative bien accueillie par Médecins sans Frontières). Et aussi au G20, avec, apparemment, un plan pour une intervention sur la RAM et (ne pas laisser le Royaume-Uni seul et principal acteur), une entreprise difficile compte tenu de l'appel international de la AMR Review.
- La prochaine conférence "Changement climatique et santé», Min Affaires étrangères et de l'OMS, 7-8 juillet 7-8 à Paris
- Le rapport spécial dans le Lancet sur le modèle français, système national et actions dans la santé mondiale, 2 mai 2016.
- La campagne mondiale sur la CSU déjà en cours (mais peu se souviennent que c’était une idée et que ce fut une initiative française ... par un groupe de diplomates de pays pour l'action en matière de santé, créé par Douste-Blazy lui-même, (sous le Président Chirac).
Dr Douste-Blazy est une figure politique centriste, donc au niveau national, il pourrait rester «le» candidat français tout ce qui pourrait être la gagnante (droite ou gauche) candidat aux élections présidentielles françaises.
AMR Times continuera à vous apporter une analyse de la campagne, y compris des interviews des principaux acteurs.


Web=link liens references pour
cette article:.http://esgap.escmid.org/wp-content/uploads/2016/04/Rapport-CARLET-anglais.pdf
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/sante-securite-alimentaire-education-et-genre/sante/l-initiative-diplomatie-sante/
www.thelancet.com/series/france-nation-and-world
//www.phmovement.org/http:
http://www.sanianishtar.info/
www.drtedros.com
http://www.franceonugeneve.org/Philippe-Douste-Blazy-candidat-de-la-France-au-poste-de-directeur-general-de-l

http://www.dousteblazy.com/wp-content/uploads/2016/05/dousteblazy-program.pdf
Recherches sur la RAM et articles scientifiques
 

Une étude exhaustive sur la prescription d'AB aux Etats-Unis montre un énorme gaspillage et les ordonnances inadéquates. Le Directeur des CDC Tom Frieden monte au créneau.


Extraordinaire: même aux Etats-Unis, avec sa véritable prise de conscience et l'action au plus haut niveau de l'Administration, on ne parvient pas à faire face à la sur-prescription d'antibiotiques!
L'analyse de Pew Charitable Trusts rapporte que: "154 millions de visites par an, se traduisent par une prescription d'antibiotiques; environ 30 pour cent de ceux-ci, ou quelque 47 millions d'ordonnances, sont inutiles.", et ce chiffre est une sous-estimation car les dentistes, gros prescripteurs d’AB, ou les ordonnances d’infirmiers, ou d’assistants de médecins, etc. Le rapport est détaillé en terme d’ordonnance par type de signes cliniques. Et, "Cette estimation de l'utilisation inutile ne tient pas compte de l'utilisation inappropriée des AB supplémentaires, telles que la sélection du mauvais antibiotique ou le fait de prescrire la mauvaise dose ou pour une durée inadéquate», commente le Dr Katherine Fleming-Dutra, (blog soins de santé sûre des CDC), Bureau la RAM aux CDC .

Web=link: http://www.cdc.gov/media/releases/2016/p0503-unnecessary-prescriptions.html
http://www.pewtrusts.org/~/media/assets/2016/05/antibioticuseinoutpatientsettings.pdf

Aborder la résistance aux antimicrobiens en Chine: mise en œuvre de la politique dans un contexte complexe.
Wang et al. Globalization and Health (2016) 12:30
DOI 10.1186/s12992-016-0167-7

 

Une étude très vaste sur la situation en Chine argumente qu’étant donné la montée de la résistance aux antibiotiques, il devient très pertinent, notamment, de revoir le système de rémunération des services de santé basé sur les ventes d’antibiotiques, un système qui a incité véritablement à une surconsommation et à un usage excessif des derniers produits, les plus chers, le tout signifiant un système fort peu à même de répondre à cette urgence que constitue la montée de la résistance.
“Jusqu’à recemment les hôpitaux de niveau secondaire et tertiaire ont pu ajouter 15% à leur vente de produits pharmaceutiques, et en pratique ce montant a été même supérieur..." Cela a incité à des appels d’offres pour les produits les plus chers pour les hôpitaux publiques...encourageant les structures de soins à promouvoir beaucoup d’AB aux prix les plus forts, et ceci en retour a fait que les AB peu chers mais encore efficaces ont pratiquement disparus sur le marché puisqu’il n’y avait aucune incitation à les fournir de la part des producteurs ou des distributeurs. Les interventions des autorités annulant ces 15%, n’ont pas été suffisantes, étant donné la recherche de fonds par les structures de soins. Les auteurs parlent aussi du problèmes de la prescription d’AB par les officines de pharmacies…
En conclusion, ils insistent sur le fait que la réglementation d’en haut n’est pas suffisante pour assurer le ‘bon usage’, rationnel, du médicament antibiotique et que les incitations et motivations des ‘agents’ (vendeurs, fournisseurs, autorités hospitalières, prescripteurs, opérateurs de pharmacies, etc) doivent être prises en considération pour qu’une réglementation soit efficace. Et bien évidement aussi une meilleure information du public.

web=link: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27267876


Résistance aux AB en Inde. Causes et Actions possibles.
Ramanan Laxminarayan and  Ranjit Roy Chaudhury
March 2016
 

En 2010, l'Inde était le plus grand consommateur mondial d'antibiotiques pour la santé humaine.
  • L'accès aux AB est en hausse, ce qui laisse présager un meilleur accès pour la population laissée pour compte jusqu’ici, une bonne nouvelle donc.
  • La convergence des facteurs tels que l'insuffisance des infrastructures de santé publique, l'augmentation des revenus, une forte charge de morbidité, et pas cher, les ventes non réglementées d'antibiotiques a créé des conditions idéales pour une augmentation rapide des infections résistantes en Inde.
  • Over-the-counter, les vente sans ordonnance de carbapénèmes en Inde sont parmi les plus élevées dans le monde et contribuent à la résistance grandissante des carbapénèmes par les organismes Gram-négatifs.
  • améliorer la réglementation de la production de médicaments et les ventes, une meilleure gestion de la rémunération des médecins, et encourager un changement de comportement chez les médecins et les patients sont une priorité immédiate.
web=link: http://journals.plos.org/plosmedicine/article/asset?id=10.1371%2Fjournal.pmed.1001974.PDF
 

Le virus Ebola dans le sang liquide dans les aiguilles de seringues, et les billets de banque


La stabilité du virus Ebola (EBOV) dans l'environnement et le milieu hospitalier a été étudié par une équipe de recherche des USA, du Japon et de la Sierra Léone, qui ont examiné la survie de EBOV dans du sang liquide dans les aiguilles de seringues, et a constaté qu'EBOV survit plus de 30 jours. L'étude est parue le 7 juin dans le Journal of Infectious Disease.

Les auteurs notent que si l'épidémie en Afrique de l'Ouest est sous contrôle, il y a encore des cas qui émergent ici et là. Pour saisir le rôle éventuel des fomites dans ces cas d'infections, ils ont testé la viabilité d'EBOV sur des traces de sang sur des billets de banque de la Sierra Leone et des aiguilles de seringes dans l'environnement et le milieu hospitalier. Dans certaines de ces conditions, EBOV reste infectieux pendant plus de 30 jours, ce qui signifie que les objets contaminés par EBOV peuvent poser un risque sérieux pour les humains.

Le résumé de conclusion des auteurs est que: "Les aiguilles de seringues usagées sont une voie probable de transmission d'EBOV; cependant, la stabilité de EBOV dans les aiguilles de seringue n'était pas connue. Nous avons constaté que le virus Ebola ΔVP30 a un long temps de survie lorsqu'il est en suspension dans le sang liquide d'une aiguille de seringue, ce qui s'accorde avec les rapports sur la survie du VIH et VHC dans les syringes. This constatation est importante parce que plus de 800 travailleurs de la santé ont été infectés par EBOV et parce que cette sous-population est estimée à 21-32 fois plus susceptibles que le grand public d'être infectée par le virus Ebola. Notre étude est aussi la première à démontrer que EBOV reste contagieux pendant plusieurs jours dans des taches de sang sur les billets de banque; le taux de décomposition étant comparable à celui rapporté pour EBOV sur d'autres surfaces de contact en milieu domestiques et hospitaliers."

AMR-Times considère cette étude très importante à un moment où l'urgence Ebola est passée, et les réponses autres que les déploiements en extrème urgence aussi, en particulier la transmission en milieu de soins n’est plus dans l’actualité (et d’ailleurs la transmission patient-patient en milieu de soin est passée totalement sous silence), alors que la priorité mise sur le 'Contrôle Infectieux" dans le Plan d'Action mondial sur la Résistance Antimicrobienne (PA-RAM) adopté par l'ONU sur la prévention et le contrôle des infections, (et la campagne de l'OMS sur la sécurité des injections), ont du mal à arriver sur l'agenda national des gouvernements dans la plupart des pays. Lors d'un séminaire organisé par la WAAAR (d'Ebola à la RAM : la nécessité du Contrôle Infectieux) présidé par l'Afrique du Sud, à l'Assemblée mondiale de la Santé 2015, (21 mai) avec la participation des Etats Unis, le directeur des services de santé de la Sierra Leone avait lui-même rapporté que le personnel de santé se contaminait dans les centres de santé 'ordinaires' (et pas dans les centres Ebola spécialisés) par manque de matériel de base pour le contrôle infectieux, et même de gants.

web=link: http://jid.oxfordjournals.org/content/early/2016/06/07/infdis.jiw167.short
Rappel : Interview du professeur W. Keevill dans notre numéro de mai, sur l’importance du cuivre pour les surfaces de contact.

Professeur Bill Keevil,
Directeur de l'Unité Santé environnementale à l'École des Sciences biologiques de l'Université de Southampton, est un chercheur spécialisé sur la contamination des surfaces, les biofilms et les mécanismes physiologiques d’adaptation de survie des pathogènes. Il est également membre du groupe de pilotage du réseau NAMRIP, « UK Network for Anti-Microbial Resistance and Infection Prevention.»

Pour plus d'informations: 
http://www.antimicrobialcopper.org/fr/r%C3%A9sistance-antimicrobienne
www.southampton.ac.uk/biosci/about/staff/cwk.page

Agenda de séminaires et conférences avec la participation de l’Alliance WAAAR

Juin: 29 juin- 1er juillet, Royaume-Uni. “A One Health approach to building antimicrobial resistance National Action Plans in middle and low income countries." Notre président Dr Carlet, fait partie des orateurs, à cette conférence à haut niveau organisée dans le cadre des Wilton Park conference
web=link: www.wiltonpark.org.uk
Juillet: 7-8 juillet, Paris,. France, Ministère des Affaires étrangères et OMS, “Changement climatique et Santé”. Des représentants de ACdeBMR/WAAAR sont invités.
Septembre: Chine, Hangzhou, Table ronde G20 (en preparation, à confirmer), et autres actions autour du G20
Octobre: 
  • 1-5 octobre, Milan, Italie. European Society of Intensive Care Medicine 2016, Dr Carlet, le président de la WAAAR est orateur.
    web=link: http://www.esicm.org/events
  • 12-13 octobre, Oslo, Norvège, JPIAMR Surveillance of AMR workshop (réservé à la participation de représentants des Etats.
  • 26-29 octobre, UICTMR Liverpool, UK, WAAAR correspondants
Le Temps de la Résistance aux Antimicrobiens info:-
Réalisée en avant projet par une équipe de supporters, le contenu de cette newsletter n'engage pas l'association ACdeBMR/WAAAR. Le comité éditorial provisoire, Garance F Upham avec le soutien d'une petite équipe de bénévoles et de stagiaires, la mise en place avec la participation de Mostafa El Yamany, pharmacien et doctorant sur la résistance aux antibiotiques.
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