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Le Temps de la RAM Newsletter #3
Mai 2016

Vous avez reçu cette newsletter sur la Résistance aux Antimicrobiens (RAM) parce que vous avez travaillé sur cette question, vous êtes membre ou simplement supporter de la WAAAR (World Alliance Against Antibiotic Resistance) ​ /ACdeBMR, ou alors vous aviez contribué à la publication AMR control 2015 (ou à la nouvelle édition 2016).

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Thèmes de la RAM:

  • Mobilisation des gouvernements et Plans d'action pays contre la RAM
  • Communication et sensibilisation du public et des décideurs
  • Contrôle infectieux et épidémies en milieu hospitalier
  • Surveillance et monitoring de l’émergence de la RAM
  • R & D, propriété intellectuelle, innovations et essais cliniques
  • Bon usage des antibiotiques, usage rationnel et rôle des pharmaciens
  • Outils de diagnostic et équipements, laboratoires
  • Rôle de l'environnement dans la RAM. Gestion de l’eau et des déchets
  • 'Une Seule Santé' (FAO-OMS-OIE) = continuum santé animale santé humaine
  • Vaccins et moyens de déploiement
  • Estimations de l'impact économique de la RAM et investissements nécessaires   
  • e-Santé: technologies mobiles, internet, et soins ambulatoires
  • RAM, épidémies et Sécurité sanitaire mondiale
  • RSI (Règlement sanitaire international) et renforcement des systèmes de santé

 
Note de la rédaction (NDLR): Les thèmes à traiter recoupent les groupes de travail établis par le nouveau programme sur la RAM de l'OMS. Pour cet exemplaire, nous vous présentons un aperçu de la publication AMR Control 2016. A noter que nous avons aussi des interviews en exclusivité, et que ceux-ci apparaîtront sur le site du e-Journal dès que ce dernier sera opérationnel.

Extraits choisis de la publication AMR CONTROL 2016 (plus de 150 pages, English)
Mobilisation des gouvernements et Plans d'action pays – MONDIAL, Royaume Uni, France, Grèce, Inde. 

L'effort de la France: Dr Jean Carlet, président de l’Alliance mondiale contre la Résistance aux Antibiotiques (WAAAR), et président du « Groupe de travail spécial pour la préservation des antibiotiques (2015). », France, lancé par Mme la Ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, décrit l’historique des programmes contre la RAM depuis 15 ans avec comme co-auteurs l’ensemble des plus hauts responsables en France. Les quatre mots clés pour l'avenir proche du programme de résistance aux antibiotiques en France sont: Prévention; Recherche; Innovation et Coordination. Le thème 'Prévention' comprend le contrôle infectieux et le bon usage. Pour le thème ‘Recherche’, le Groupe de travail a recommandé d'établir un plan sur 5 ans. En termes d’Innovation:  « la France plaide pour la création d'un cadre réglementaire spécifique pour les antibiotiques menant à un statut spécifique pour ceux-ci, induisant des droits pour tous les acteurs, tout en permettant des incitations pour les startups et les industries pharmaceutiques.» En ce qui concerne la 'Coordination', la France recommande « un engagement politique fort et la coordination entre les différents acteurs au niveau national, européen et international.». « La mise en œuvre du plan est en cours», concluent les auteurs: le Dr Jean Carlet, le Pr Christian Brun-Buisson, délégué interministériel pour la RAM, la Pr Anne-Claude Crémieux, Vice-présidente du Comité national antibiotiques, le Pr Patrick Dehaumont, Directeur général pour l’Alimentation, Ministère de l'Agriculture, le Pr Benoit Schlemmer, Directeur, Comité national de suivi du Plan antibiotique, MinSanté, et le Dr Benoit Vallet, Directeur général de la Santé.

 
Pour le rapport de travail présidé par Dr Carlet: http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_antibiotiques.pdf,
pour l'article dans AMR Control 2016 à paraître, voir www.globalhealthdynamics.co.uk


L’action hellénique:  Nous sommes également ravis de présenter les plans contre la RAM en Grèce, avec le Dr Flora Kontopidou, en charge du programme hellénique, qui décrit le défi de la résistance aux antimicrobiens dans un pays européen ayant une forte charge de maladies pharmaco-résistantes.
 « Pour la Grèce, le défi est de contrôler la diffusion des bacilles gram négatif résistants aux carbapénèmes dans les structures de soins de santé et l'utilisation d'antibiotiques dans les milieux communautaires et hospitaliers. En août 2013, le CDC (Centre de Contrôle des Maladies) hellénique a proposé une stratégie globale pour le Ministère de la Santé. Cette stratégie met l'accent sur le renforcement des structures institutionnelles par le biais du soutien administratif (...) la mise en place des programmes de contrôle infectieux dans tous les hôpitaux, la formation des prestataires de soins et la promotion de la sensibilisation.»


Le Groupe de Travail de Drive-AB sur «l'utilisation responsable» des antibiotiques

Le Pr Stephan Harbarth, Directeur scientifique de Drive-AB, et Hôpitaux Universitaires de Genève (avec V. Zanichelli, et B. Huttner), nous parlent du projet pour arriver à une «définition globale de l'utilisation des antibiotiques responsables», projet qui fait partie des groupes de travail de Drive-AB.
« Les définitions de l'utilisation responsable et l'ensemble des indicateurs sur l'utilisation des antibiotiques sont déjà disponibles. Cependant, la contribution unique de DRIVE-AB va être que les principales recommandations seront basées sur un consensus entre plusieurs groupes d'intervenants qui traitent de l'utilisation des antibiotiques à des niveaux différents. Cela devrait donner un nouveau cadre d'action plus global qui pourrait se révéler utile à l'avenir pour faire face au problème de la mauvaise utilisation des antibiotiques et avoir des répercussions sur les coûts et la performance des soins de santé. »
La Pr Céline Pulcini, vice-présidente de WAAAR figurent parmi les experts de Drive-AB.


Une interview exclusive avec Lord Jim O'Neill, Président, AMR Review, Londres, Et Secrétaire d’Etat au Commerce, Royaume-Uni

» C’est tout? »  Très peu d'investissements nécessaires pour économiser 100 milliards de dollars en coûts AMR! (extraits)


Question: Le groupe AMR Review a émergé en tant que groupe d'expertise et de plaidoyer majeur au niveau mondial dans le mouvement pour faire face à la résistance aux antimicrobiens (RAM) (...) Comment voyez-vous l'engagement des investisseurs, des ministres des finances, des banques de développement, dans la RAM?
 

Lord Jim O’Neill: « La simple vérité est que jusqu'au lancement de AMR Review - et c’était donc son but – en dehors du monde de la santé spécialisé, il y avait très peu de prises de conscience, sans parler d’efforts ciblés, au sujet de la résistance antimicrobienne.
Je me souviens que peu de temps après que j’ai donné mon accord pour diriger la Review, je parlais à la conférence annuelle de l'un des plus importants groupes de fonds d’équité privés au monde, ici à Londres, 400 personnes présentes, et je demandai au public combien d'entre eux savaient ce qu’était la résistance antimicrobienne? J'ai pu compter les mains qui se sont levées avec moins que les doigts d’une main, vraiment très peu en effet! (...) Notre ambition est, en partie, d'obtenir une sorte d'accord du G20 sur certains aspects clés de la question antimicrobienne, en particulier en termes de médicaments. Dans le monde traditionnel des questions politiques au G20, il y a normalement (dans les plans de travail) une piste principale et des pistes secondaires avec les sherpas des ministres des finances. Parmi beaucoup de membres du personnel des ministres des finances, quand nous avons soulevé cette question, dans le monde entier, leur première réaction a été généralement: « En quoi cela nous concerne-t-il? »  Jusqu'à ce que nous leur expliquions le pourquoi. Et mon dernier et le plus important commentaire, en réponse à votre question, est ceci: comme j’expliquais certaines de nos recherches et ces idées à un ami, très expérimenté dans le milieu des fonds d’investissement, quand je lui ai parlé des coûts, nos estimations du coût des solutions, sa réponse a été: «C’est tout? »
(étant donné les estimations de 100 milliards de dollars pour les effets de la RAM sur l’économie mondiale. NDLR)  Donc, si je mets tout cela ensemble, je pense qu'il y a plus de prises de conscience et plus d'attention qu'à l'époque où nous avons commencé. (...) Cette année, la Chine est présidente du G20, qui est l'organisation qui préside sur les discussions de 20 pays, ou effectivement un peu plus, et près de 90% du PIB mondial; et bien sûr la Chine étant le champion du monde émergent, nous avons pensé qu'il serait utile, espérons-le, de plaidoyer pour avoir la résistance antimicrobienne à l'ordre du jour.  »  (à suivre sur AMR Control 2016).
 
La AMR Review / la Revue sur la RAM a été fondée avec l'appui du gouvernement du Royaume-Uni et le Wellcome Trust.


Prévention et Contrôle Infectieux est notre dossier dans AMR Control 2016
 
Note de la rédaction: Pour éviter que les systèmes de soins de santé ne soient des amplificateurs de la propagation des agents pathogènes résistants aux médicaments, le Contrôle Infectieux (CI) est prioritaire à la fois dans les recommandations du G20 et dans le Plan d'action mondial sur la RAM voté par les États membres en mai 2015 aux Nations-Unies. Pourtant, il est peut-être le plus négligé des programmes de santé au fil des ans, et plus de 20 pays rien que sur le continent européen n'ont pas mis en place des systèmes complets de CI (données de l’OMS), alors que la plupart des pays à revenu moyen ou faible ne possède pas de systèmes nationaux. Pourtant, le contrôle infectieux permettrait de sauver plus de vies en Afrique que tout autre programme, avait déclaré le directeur du Centre de Contrôle des Maladies, CDC du Nigeria, le Dr Abdulsalami Nasidi l’an dernier, expert mondial Ebola, au moment où le virus Ebola avait frappé et rappelé à tous, les dangers pour les patients et les soignants de l'absence de gants ou de mesures de base de contrôle infectieux.
« Si nous pouvions réduire les infections nosocomiales en mettant en oeuvre le contrôle infectieux- disait-il-, nous pourrions réduire les taux d'infections de 50%  ! Il y a une idée fausse prédominante dans la santé publique, nos ministères de la santé ne la comprennent pas, ils pensent que la santé c’est des médicaments et des hôpitaux, et ne mettent pas l’accent sur la prévention …»
 
À noter: La Review on AMR, Londres, dans son Rapport numéro 6 sur le Contrôle infectieux comprend aussi une recherche portant sur quatre pays: le Brésil, l'Inde, l'Indonésie et le Nigeria (étude menée par la London School of Economics), montrant que L'EAU ET L'ASSAINISSEMENT empêcheraient la plupart des cas de diarrhées infantiles, dont 70% ne sont pas d'origine bactérienne, mais virale ou parasitaire. « Dans ces quatre pays, le Brésil, l'Inde, l'Indonésie et le Nigeria, au moins 494 millions de cas de diarrhées sont traités chaque année avec des antibiotiques». (...) l'eau et l'assainissement pourrait réduire l'utilisation des antibiotiques de 60% rien que dans ces quatre pays là.»


Hygiène des mains:  Le Pr Didier Pittet, Hôpitaux Universitaires de Genève, est mondialement connu comme l'architecte, an collaboration avec l'OMS d’une campagne mondiale sur l'hygiène des mains, qui a célébré son dixième anniversaire en 2016. Avec Claire Kilpatrick, ils nous rappellent que :
«Un soin propre est un soin plus sûr, (...) et que cela est essentiel étant donné le fardeau de la RAM, l'incidence continue d’infections nosocomiales et d'épidémies récentes en milieu de soins.
Notre mission est de «mettre le contrôle infectieux au sommet de l'ordre du jour dans tous les pays, en leur fournissant des directives techniques innovantes, efficaces et une forte coordination, dans le but de réduire les infections nosocomiales et la résistance aux antimicrobiens dans les soins de santé et de révolutionner la façon dont le CI est appliqué. »
« (il y a) la nouvelle unité mondiale à l’OMS dédiée au CI qui mettra l'accent sur tout un éventail de domaines techniques de travail  » . (Unitée dirigée par la Pr Benedetta Allegranzi).


La Sécurité des Injections en milieu de soins: La campagne ‘SERINGUE SÛRE’ initiée par la Directrice générale de l'OMS, le Dr Margaret Chan en 2015, est mis en évidence dans le rapport du Dr Arshad Altaf, sur le plan sécurité des injections OMS (avec le Dr S. Khamassi et le Dr Assad Hafeez, directeur général de la Santé, Pakistan):  « Dans l'ère de la résistance aux antimicrobiens, les systèmes d’injection comportant des systèmes de sécurité peuvent réduire le fardeau de la résistance sur les systèmes de soins de santé des pays. » 
Ils mettent aussi en garde contre la demande d'injections systématiques pour les antibiotiques.

L’environnement hospitalier: En tant que médecin spécialisé sur le Contrôle Infectieux, en charge de celui-ci dans un important centre hospitalier en France ainsi que du contrôle infectieux dans un grand centre sur le Cancer, le Dr Sandra Malavaud nous rappelle que: «Le milieu hospitalier agit comme un réservoir et une source de transmission croisée de micro-organismes, c’est un phénomène qui ne peut être ignoré. »
Elle recense ce qui est nécessaire pour s’assurer que les agents pathogènes pharmaco-résistants ne se propagent pas aux soignants et aux patients de cette façon. Et elle préconise la formation pour le personnel de nettoyage, trop souvent négligé même dans les pays avec un bon système de CI dans l’ensemble, parce que les agents d’entretiens font partie de la solution et doivent être beaucoup mieux considérés dans leur fonction la plus essentielle. (un sujet repris par ailleurs par le Dr Nigel Livesley dans son programme avec USAID- voir ci dessous)

Eau et assainissement: Parce que le Contrôle infectieux a besoin de l'eau et de l'assainissement, nous avons demandé à Rochelle Rainey, USAID, (en collaboration avec M. Weinger) de nous présenter le programme WASH (Eau-Hygiène-Assainissement) de USAID.: « Le manque d'eau potable, de toilettes fonctionnelles, et d’installations de lavage des mains dans les établissements de soins de santé représentent des risques importants pour la santé des patients, les travailleurs de la santé et les collectivités avoisinantes. Le problème mondial actuel des infections nosocomiales a mis en évidence les conséquences de l'absence d'installations et de la pratique eau et d'assainissement des comportements d'hygiène clés...  (La RAM) exige une stratégie globale, y compris des améliorations afin de prévenir l'émergence et la transmission  » .

Le Contrôle infectieux pour sauver la vie de PLWA: Est-ce que la campagne des Nations-Unies pour en finir avec le SIDA peut réussir? On en doute, à moins d’un gros effort sur le contrôle infectieux. Le Dr Nigel Livesley (URC-ASSIST, USAID) écrit : « La résistance antimicrobienne peut affecter les 37 millions de personnes vivant avec le VIH de plusieurs façons: D'abord, elles peuvent être infectées par un virus résistant au traitement ou développer une résistance pendant le traitement. Deuxièmement, l'infection à VIH rend les gens sensibles aux infections opportunistes par des organismes (tels que la tuberculose) qui peuvent être résistantes aux antimicrobiens. Troisièmement, leur exposition aux établissements de santé les rend plus susceptibles d'entrer en contact avec d'autres organismes qui peuvent être résistants aux antimicrobiens. » Il présente la méthode ASSIST pour améliorer le fonctionnement des systèmes de soins de santé: ne pas dire aux soignants qu'il faut faire ceci ou cela, ou mesurer des résultats, mais, plutôt, partir de l'expérience des soignants eux-mêmes pour améliorer leurs performances.
Livesley avait rejoint la Secrétaire générale adjointe de l’Alliance WAAAR, Garance Upham, pour un séminaire sur la Sécurité des patients à l’ère de la RAM et du VIH lors de la conférence ICAAP12 en mars dernier, organisée par l’organisation intergouvernementale PPD à Dacca, au Bangladesh.
Le cuivre comme revêtement pourrait-il rendre le milieu hospitalier plus sûr? Le Pr William Keevil le pense - voir à la fin de l'article pour une entrevue avec AMR-TIMES (pas dans la publication AMR CONTROL 2016)

Innovations

Les obstacles à la phagothérapie selon l’Agence européenne du Médicament: De l'Agence européenne des Médicaments, le Dr Eric Pelfrene et co-auteurs (Marco Cavaleri, Z. Sebirs et A.C. Sanches) écrivent sur les obstacles réglementaires à la thérapie à base de bactériophages, suite au séminaire de l’EMA auquel WAAAR avait participé (8 juin 2015).
Cette thérapie figurait parmi les thèmes dans AMR Control 2015, l’année dernière, couvrant à la fois l'histoire et un essai clinique en cours dans l’Union Européenne, Phagoburn.

L’exploration des plantes pour de nouveaux antimicrobiens: Ethnobotaniste, la Pr Cassandra Quave (Emory University) nous rappelle que la nature a été une source précieuse d'ingrédients pour la médecine traditionnelle pendant des millénaires, et que beaucoup reste encore à explorer. Elle a breveté un produit dérivé d’une plante pour soigner les staphylocoques résistants, les SARM, à partir de son étude des pratiques médicinales traditionnelles en Italie du Sud, une découverte qui a obtenu un financement du NIH (Institut national de la Santé) aux Etats-Unis.

PCure: cibler les plasmids: Le Dr Alexandro Lazdins (avec Pr. C Morton Thomas, C. Miller et M Webber) Université de Birmingham, présentent un moyen de cibler des plasmides en neutralisant les systèmes toxine / antitoxine codés par des plasmides, sans perturber la viabilité cellulaire.

SURVEILLANCE, DIAGNOSTIC, et aspects socio-économiques
 
Renforcer la recherche et l'innovation pour relever le défi: De l'Inde, la Dr Kamini Walia, chargée de la mise en place du réseau de surveillance de la RAM pour le Conseil Indien de la Recherche Médicale, (ICMR) et des activités du Programme Stewardship pour le pays entier, brosse un vaste tableau de la RAM, en ajoutant le cas spécifique de Inde, avec la Dr Soumya Swaminathan (Secrétaire d'Etat pour la Recherche Médicale et Directeur de l'ICMR), sous le titre:  » Le renforcement de la recherche et de l'innovation pour relever le défi. »
 » Il est maintenant bien établi que la RAM est un défi aux multiples facettes ... La recherche et le développement dans la RAM au cours de ces dernières décennies ont surtout été axés sur le développement de nouveaux médicaments, bien que la disponibilité de bons diagnostics de qualité et les aspects socio-économiques aient été reconnus comme des contributeurs majeurs au fardeau croissant de la RAM, très peu a été fait pour développer de nouveaux diagnostics ou comprendre les facteurs sociaux, comportementaux et économiques qui conduisent à la consommation de médicaments ou de leur abus  » .



La mobilisation pour en finir avec la tuberculose : un modèle pour la RAM?

Dr
Mario Raviglione
Directeur du Programme mondial Tuberculose à l'OMS, l'un des experts en santé publique les plus militants sur la résistance aux antimicrobiens, a longtemps été sur l'avant-scène des dirigeants tirant la sonnette d'alarme sur la RAM. Il rappelle qu'il a fallu 15 ans avant que les pays prennent l'avertissement au sérieux, les premières résolutions de l'ONU sur la résistance antimicrobienne remontant à 2001!  » Le monde a enfin pris conscience du fait que la résistance aux antibiotiques — lorsque les bactéries mutent de sorte que les antibiotiques ne fonctionnent plus pour les patients qui en ont besoin pour soigner leurs infections —est maintenant une menace majeure pour la santé publique mondiale. L'émergence de la tuberculose multirésistante (MR) a sapé les progrès de la lutte antituberculeuse accomplis au cours des deux dernières décennies. Les lacunes dans la détection et le traitement sont particulièrement graves chez les personnes atteintes de tuberculose pharmaco-résistantes. En 2014, seulement environ un quart des 480 000 cas estimés de tuberculoses résistantes ont été détectés et signalés aux autorités nationales. Les trois pays ayant le plus grand nombre de cas sont la Chine, l'Inde et la Fédération de Russie.Enfin le Dr Raviglione souligne le rôle de la pauvreté dans la propagation de la tuberculose, et plus encore de la corrélation entre les deux. Or la tuberculose, maladie de la pauvreté, reste négligée, dit-il.
À moins de faire réellement face à la tuberculose multirésistante dans le cadre des efforts mondiaux visant à contenir la RAM, nous risquons d'avoir une propagation incontrôlable de la tuberculose pharmaco-résistante dans plusieurs pays dans un proche avenir, et de ne pas atteindre les ODD, les Objectifs de développement durable, visant à éliminer la tuberculose d'ici 2030. »
 
Le système de surveillance au Kenya: Dr. Joseph Sitienei, Ministère de la Santé du Kenya, décrit un système de surveillance électronique de la tuberculose tout à fait remarquable et qui a amélioré considérablement la surveillance et la détection de la tuberculose résistante aux médicaments.

L’innovation en terme d’outils de diagnostic face à la RAM: Expert de renommée mondiale des outils de diagnostics, la Pr. Rosanna Peeling, Présidente de la Recherche en Diagnostics à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, et directrice du Centre Diagnostic International, décrit (avec la Dr D. Boeras) la situation mondiale.
» Les tests de diagnostic rapide (TDR) peuvent être utilisés sur le lieu du soin pour déterminer le traitement approprié et réduire le risque de résistance aux antimicrobiens. Développer des TDR qui puissent être utilisés à différents niveaux du système de soins de santé pour des syndromes ayant plusieurs étiologies est complexe et difficile, mais des technologies prometteuses sont dans le pipeline. Assurer la qualité des tests et des essais, tout en veillant à une utilisation appropriée concomitante des antibiotiques, sera essentielle pour maximiser les avantages des TDR et réduire le risque de résistances  » .

Dépistage systématique des SARM en chirurgie: Mme Anne Dubouix Bourandy a lancé un système très organisé et efficace pour effectuer systématiquement des tests de diagnostic rapides pour la présence d’infections nasales à staphylocoques en un temps record avant la chirurgie d'urgence, et un protocole de traitement rapide--avec de grandes économies pour les patients âgés et sa clinique. Il s’agit d’une pratique avant-gardiste puisque les tests de staphylocoques ne sont pas réalisés (ou recommandés) même pour une chirurgie élective, en Europe actuellement.
Cette année Le ‘Prix Longitude’ de 10 millions de Livres sterling  porte sur les diagnostics pour la RAM :Un rappel de Dame Sally Davies, Médecin en Chef, Angleterre

LA RAM dans l’eau, la nourriture et l’environnement

Evaluation et gestion du risque de RAM dans l’environnement: Pr Ana Maria de Roda Husman, chef du département Environnement, RIVM, les Pays-Bas, (avec le Pr J. Larsson, Université suédoise de Göteborg, CARe), tous deux experts reconnus au niveau international sur la RAM dans les déchets, couvrent la question globale de l'évaluation et de la gestion des risques dans l'environnement et soulignent que le sujet est de plus en plus crucial pour les décideurs politiques et le financement de la recherche. Il y a beaucoup de preuves que l'environnement - les déchets de l'industrie pharmaceutique et de l'élevage, en particulier dans les pays émergents, sont une source majeure de résistance aux antibiotiques.

Antibiotiques et gènes de résistance dans les usines de traitement des eaux usées: Pr Tong Zhang, Université de Hong Kong, Chine, présente des données sur la présence à la fois d’antibiotiques et de gènes de résistance dans les usines de traitement des eaux usées, ce qui, de nos jours, peut être considéré comme une source de RAM.  » Les antibiotiques ont été déversés dans les usines de traitement des eaux usées pendant des décennies. En conséquence, plusieurs classes d'antibiotiques ont largement été détectées dans les différentes stations d'épuration dans le monde entier. Le procédé de traitement biologique largement appliqué crée des conditions favorables pour le développement de gènes de résistance aux antibiotiques et le transfert horizontal de gènes dans des concentrations d'antibiotiques sub-inhibitrices. Cet article fait le point des antibiotiques comme polluants chimiques et des gènes de résistance comme polluants biologiques dans le traitement des eaux usées, en particulier à partir de résultats récents en utilisant l'approche métagénomique  ». Pr Zhang suggère des méthodes pour limiter la libération de gènes de RAM dans les déchets.

La dissémination de la résistance par la chaîne alimentaire et de la contribution du groupe d'experts de l'OMS ‘AGISAR’: Le Dr Awa Aidara-Kane, coordonnatrice pour le groupe AGISAR à l’OMS, décrit le risque de diffusion de la RAM à travers la chaîne alimentaire (avec le Pr A. Andremont), et la contribution du groupe d'experts de l'OMS ‘AGISAR’ pour son contrôle.  » Les dernières décennies ont vu l'émergence d'une nouvelle préoccupation, que la chaîne alimentaire pourrait également être un vecteur majeur de transmission de gènes de résistance du monde animal à l'homme.»   Et « c’est le cas sans aucun doute, » , écrivent les deux auteurs. (- ..) Cela a incité le département de la sécurité alimentaire de l'OMS à prendre des mesures dès 2005, face à cette transmission à Canberra (Australie), où eu lieu la première réunion d'un groupe d'experts qui, depuis, se rencontre sur une base régulière, AGISAR, et qui produit la liste des antibiotiques qui sont essentiels pour l’usage humain, dans le but de limiter leur utilisation chez les animaux, en particulier ceux de la chaîne alimentaire.» La situation est une préoccupation immédiate dans le monde entier.

Note du Comité de rédaction: Le rapport ci-dessus ne rapporte qu’un échantillon des contenus pour ce livre d'experts de plus de 150 pages. Nous nous excusons auprès des auteurs et co-auteurs ne figurant pas dans cette pré-annonce. AMR CONTROL 2016 comprend 20 grands auteurs et 18 co-auteurs, et d'autres sujets clés, tels que:
  • cybersanté et technologies IT, outils essentiels pour l'Afrique pour faire face à la RAM, avec rapport d'un séminaire international en Côte-d'Ivoire
  • Partenaires en Population et Développement, PPD, favorisant la coopération pays Sud Sud sur le VIH, la tuberculose et le paludisme, et de l'importance de cette coopération pour le contrôle de la RAM
  • Actions et rapports de la WAAAR et beaucoup plus
AMR CONTROL 2016 sera bientôt téléchargeable et disponible en version imprimée gratuitement. Pour une pré-commande: http://www.globalhealthdynamics.co.uk/amr2016 
Et pour lire l'édition de l'année dernière: AMR CONTROL 2015, quelques exemplaires imprimés toujours disponibles à l'adresse: http://www.globalhealthdynamics.co.uk/amr-2015/

Fin du Rapport sur AMR CONTROL 2016.

La RAM et la Santé Mondiale

Prix ​​du diagnostic pour la RAM: Le Prix Longitude de 10 millions de GBP
 

Le 20 avril dernier, le Prix Longitude a été expliqué à un petit groupe de personnes qui se sont rassemblées lors d'un séminaire de petit-déjeuner au cours du Sommet sur la santé à Genève (en parallel au Geneva Health Forum). Comme beaucoup d'événements de sensibilisation, le but était de faire connaître le Prix Longitude, le plus grand prix scientifique du Royaume-Uni, qui vise à lutter contre la résistance aux antibiotiques en appelant au développement d'outils de diagnostic sur le lieu du soin, qui puissent être transformateurs, rapides, précis, abordables et faciles à utiliser partout dans le monde, afin de réduire de manière significative l'utilisation inappropriée ou la sur-utilisation des antibiotiques. Cette compétition mondiale est ouverte pendant 5 ans depuis fin 2014 et dispose d'un fonds de 10 millions de Livres sterlings (GBP). Ces événements sont cruciaux dans la recherche de nouvelles personnes et d’équipes à même de s’enregistrer et de commencer à travailler sur des idées pour le résoudre, en se rajoutant aux 130 équipes actuelles provenant de 30 pays. Peu de temps après l'événement, nous avons eu notre premier enregistrement d'équipe en direct, MobileODT, une équipe basée en Israël qui progresse avec une idée qui repose sur une application de téléphone intelligent pour le diagnostic. Nous avons également établi des liens avec des organisations à Genève et en d'autres parties de l'Europe, en Afrique et aux États-Unis. Nous avons également entendu certains groupes potentiels au sujet de la nécessité d'un financement d'amorçage pour aider à l’émergence d’idées nouvelles, et des équipes nouvellement formées. Nous prévoyons de lancer un programme de financement sous peu, pour que nous puissions encourager un éventail aussi large de participants que possible dans le prix. Pour en savoir plus et voir comment vous pourriez gagner, aller voir sur: www.longitudeprize.org.uk

Repenser l’environnement hospitalier ; Discussion avec M. le Professeur William Keevil; Interview, Rédaction AMR-Times / Le Temps de la Résistance antimicrobienne

Professeur Bill Keevil,
Directeur de l'Unité Santé environnementale à l'École des Sciences biologiques de l'Université de Southampton, est un chercheur spécialisé sur la contamination des surfaces, les biofilms et les mécanismes physiologiques d’adaptation de survie des pathogènes. Il est également membre du groupe de pilotage du réseau NAMRIP, « UK Network for Anti-Microbial Resistance and Infection Prevention.»


Question: En tant qu’expert du contrôle infectieux et membre fondateur du réseau NAMRIP (Réseau Résistance Antimicrobienne et Contrôle Infectieux) pourriez-vous nous dire, pourquoi, à votre avis, les pays sont insuffisamment mobilisés sur ce domaine?
 
Pr William Keevil: Dans de nombreux cas, les pays ont des ressources limitées pour lutter contre les infections et ne dépensent pas assez sur le contrôle infectieux, en particulier pour des choses simples comme le nettoyage régulier des installations de soins, avec une attention particulière sur les surfaces de contact telles que les poignées de porte, les plaques de poussée, les bras de chaise et les rails de lit. Certains pays comptent sur un simple lavage des mains comme mesure préventive importante pour ce contrôle, mais, même là, le niveau de compliance du lavage régulier des mains est encore loin d'être idéal pour le personnel et les visiteurs dans les établissements de santé, malgré les efforts de l'OMS pour promouvoir un programme de lavage des mains.
 
Question: Les responsables des systèmes de santé donnent l’impression de mal percevoir le rôle ’amplificateurs’ de ceux-ci dans la dissémination d’infections pharmaco-résistantes?
 
Pr William Keevil: La situation est en train de changer en raison des programmes d'éducation de l'OMS, et les fonctionnaires et les hommes politiques se rendent compte qu’un système de contrôle infectieux réduit la morbidité et la mortalité, réduit le nombre de séjours prolongés dans les hôpitaux causant des ‘embouteillages’ pour les lits et des coûts élevés pour les contribuables.
Un problème majeur, et qui doit être résolu rapidement, est l'utilisation excessive d'antibiotiques dans l'élevage intensif menant à l'évolution rapide de pathogènes résistants, avec des personnes infectées utilisant des systèmes de transport aérien modernes et pouvant ainsi propager l'infection autour du monde en un jour ou moins. Notre travail a montré que les gènes de résistance aux antibiotiques sont transférés rapidement d'une superbactérie à une autre espèce sur les surfaces de contact telles que l'acier inoxydable, ce qui signifie qu’un voyageur infecté par une mauvaise hygiène des mains peut passer dans un aéroport, toucher plusieurs surfaces laissant là ses superbactéries, puis une autre personne d'une autre partie du monde peut ajouter ses bactéries à la même surface, créant ainsi une menace de superbactérie encore plus grande. Le nettoyage de ces surfaces de contact toutes les heures est impraticable. C’est là où des mesures offrant une protection 24/7 deviennent un complément important à un nettoyage régulier. En effet, notre travail a montré que les alliages de cuivre utilisés pour les surfaces de contact peuvent tuer rapidement les bactéries, les virus et les champignons, et éviter aussi d’important transferts de gènes de résistance aux antibiotiques sur les surfaces de contact. Ces bactéries comprennent les superbactéries SARM, C. difficile, Acinetobacter baumannii, les E. coli producteurs de bêta-lactamase à spectre étendu (BLSE) et Klebsiella pneumoniae (KPC) produisant des carbapenamases, qui sont maintenant à l'origine de nombreux foyers épidémiques dans le monde entier. Les virus comprennent ceux de la grippe, des adénovirus, des coronavirus humains (parents de SRAS et de MERS) et le très robuste norovirus, ce qui suggère que les surfaces en cuivre antimicrobien devraient être efficaces contre le virus Ebola, etc.
 
Question: Vous faites un plaidoyer pour l’usage du cuivre. Est-ce que l’efficacité du cuivre pour réduire la dissémination des bactéries sur les poignées (et autres surfaces de contact) a été étudiée depuis longtemps?
 
Pr William Keevil: Dans le milieu de la santé, les propriétés bénéfiques du cuivre pour guérir les infections étaient bien connues des civilisations anciennes, comme il y a 5000 ans en arrière en Égypte, en Inde et en Chine, et plus récemment en Grèce, en Amérique du Sud et dans l'Europe médiévale. Ces propriétés ont été oubliées quand nous avons migré, à notre époque, vers l'utilisation de matériaux contemporains tels que l'acier inoxydable, l'aluminium et les plastiques pour les surfaces de contact comme les poignées de porte. Nous avons commencé nos études sur les propriétés antimicrobiennes du cuivre à la fin des années 1980, et nous avons enquêté sur le contrôle des biofilms, Legionella pneumophila et E. coli O157 dans les systèmes de plomberie en cuivre, avant de travailler sur les surfaces de contact dans les usines de transformation des aliments et les hôpitaux.
 
Question: Vous avez ainsi poursuivi ces recherches sur les propriétés?
 
Pr William Keevil: Par la suite, nous avons montré en laboratoire, et plusieurs autres groupes l’ont fait aussi, que des surfaces de contact en alliage de cuivre sèches (contact avec la main) ou humides (à partir de fluides corporels tels que la toux et les éternuements, etc.) tuaient les pathogènes bactériens, viraux et fongiques. Nous avons également décrit les mécanismes impliqués, y compris une attaque directe des ions de cuivre libérés sur la respiration cellulaire des bactéries et leurs membranes, affectant leur intégrité, et la destruction de leur ADN, de sorte qu'aucune mutation de résistance ne peut se produire. Une deuxième réaction se produit également lorsque les bactéries libèrent de petites quantités de peroxyde d'hydrogène à partir de leur métabolisme qui convertit le cuivre en espèces hautement réactives de l'oxygène, tels que des radicaux hydroxyles qui accélèrent les mécanismes de destruction. Donc, en effet, les bactéries commettent «un suicide métabolique» sur le cuivre. Ces études de laboratoire ont été mises en oeuvre avec succès dans la pratique clinique. Les premières études au Royaume-Uni et États-Unis ont rapidement été suivies par des études dans le monde entier montrant que les services hospitaliers obtenaient jusqu'à 90% de réduction du nombre de bactéries sur les surfaces de contact communes par rapport à d'autres matériaux tels que l'acier inoxydable.
 
En outre, une importante étude impliquant deux hôpitaux, un à New York et un à Charleston, États-Unis, a démontré une réduction de 58% du taux d'infection quand bien même des quantités modestes d'alliages de cuivre ont été utilisées pour des surfaces de contact proches des lits de patients, telles que les rails de lit, les tables et les bras de chaises pour les visiteurs.
Ce n’est que récemment que nous avons découvert qu'un médecin américain, le Dr Phyllis Kuhn, avait fait une mise en garde dès 1983 sur le risque d'une augmentation des taux d'infection lorsque les poignées de porte en laiton avaient été remplacées par de l'acier inoxydable dans son hôpital à Philadelphie. C'était prémonitoire, mais son avertissement a malheureusement été négligé.
 
Question: Et en termes de coûts efficacité?
 
Pr William Keevil: Le principe de « mieux vaut prévenir que guérir » est plus vrai maintenant que jamais, quand nos ‘‘remèdes’’ aux antibiotiques échouent en raison de l'émergence généralisée de la résistance. Il y a peu de différence entre le coût de l'acier inoxydable et ceux de divers alliages de cuivre antimicrobien,  ceux-ci sont avantageux lors de la construction de nouvelles installations de soins de santé pour les surfaces de contact. Même pour une modernisation des hôpitaux, le remplacement de matériaux contemporains avec des alliages de cuivre est rentable. Ceci a été démontré par une analyse coûts-bénéfices de l'Université de York qui a révélé que si l'on inclut les économies obtenues par la réduction de la morbidité et de la mortalité, la diminution des temps de séjour du patient et un moindre traitement antibiotique, le temps de récupération des coûts quand on rénove les surfaces de contact avec des alliages de cuivre était seulement de 2 mois.



Professeur C. William Keevil PhD CBiol FRSB FAAM
Directeur de l'Unité Environnement Soins de Santé,
Centre for Biological Sciences
Université de Southampton , Royaume-Uni


Pour plus d'informations: 
http://www.antimicrobialcopper.org/fr/r%C3%A9sistance-antimicrobienne
www.southampton.ac.uk/biosci/about/staff/cwk.page

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