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Le Panier à Salade propose une sélection hebdomadaire de liens de l'actualité police-justice.

Vous lisez le Panier à salade, votre rendez-vous hebdomadaire sur l'actualité de la police et de la justice. L'Observatoire international des prisons a annoncé que plusieurs de ses subventions ont été supprimées ou revues à la baisse et demande de l'aide.

Bonne lecture, et n'hésitez pas à partager le contenu de cette newsletter sur les réseaux sociaux, à transférer ce message à vos ami·es ou vos collègues et à en parler dans la file d'attente du boulanger.

Panorama

Violences policières

Bilan. Deux policiers seront jugés par le tribunal correctionnel pour violences volontaires lors des manifestations du 1er-Mai à Paris. Sur les 210 autres enquêtes confiées à l'IGPN par le parquet de Paris, 144 ont été clôturées et 18 ont fait l'objet d'une ouverture d'information judiciaire. 54 ont été classé sans suite. [Libération] Est. Faute de pouvoir identifier son auteur, le parquet de Strasbourg a classé sans suite la plainte concernant le tir de LBD ayant touché un adolescent qui sortait d’un magasin de vêtements un jour de manifestation des «Gilets jaunes» en janvier 2019. [Rue89 Strasbourg] Sud. Des extraits de l'enquête de l'IGPN sur les violences de policiers contre une manifestante à Marseille (Bouches-du-Rhône) en décembre 2018 montrent une volonté d'enterrer les faits et de nier les responsabilités. [Mediapart]

Témoignage. Un CRS revient sur le mouvement social des «Gilets jaunes», qui a commencé il y a un an : «Au lieu de balancer trois tirs de LBD, on en tire 20, 30, 40. À ce moment-là, on ne se pose pas la question de la légalité, du code pénal ou de la déontologie. Moi, je vous parle de survie. (...) Le niveau de violence chez les manifestants était tel que pour y répondre, il a fallu avoir encore plus de violence. C'est ce qui a occasionné tous les blessés qu'il y a pu avoir avec les LBD et les grenades.» [France Inter]

Réaction. Faute d'avoir identifié des suspects, de nombreuses enquêtes sur des violences policières s'arrêtent. «Voir des affaires classées sans suite parce qu'on n'a pas été capable d'identifier les policiers concernés, c'est très perturbant, commente un magistrat. Ce n'est pas normal de ne pas pouvoir identifier des policiers dans l'exercice de leurs fonctions. Ils exercent l'autorité de l'Etat, et à ce titre, ils doivent rendre des comptes de la manière dont ils l'exercent.» [Le Parisien] Réaction (bis). L'avocat Arié Alimi, qui défend plusieurs manifestant·es blessé·es, s'agace des nombreux classements sans suite : «Je pense donc que l'IGPN ne se donne pas les moyens de retrouver les auteurs, et c'est inquiétant. C'est dû soit à une incompétence crasse de ses services ou bien à une volonté délibérée de ne pas aller au bout de l'enquête. J'opte pour les deux à la fois.» [L'Express] Réaction (ter). «Partout où il était possible de caractériser les éléments d’une faute, les éléments ont été confiés au procureur et celui-ci a pu s’engager à poursuivre, a garanti Christophe Castaner, ministre de l'intérieur. La justice fait toujours son travail, qu’il s’agisse d’éléments reprochés aux forces de l’ordre ou de personnes qui s’en sont pris à nos institutions qui ont mis en jeu la vie de nos policiers.» [BFM]

Violences sexuelles

«La justice nous ignore, on ignore la justice» : accusant un réalisateur de violences sexuelles, l'actrice Adèle Haenel n'a pas souhaité porter l'affaire devant la justice, qui «condamne si peu les agresseurs»[Mediapart] Le parquet de Paris a ouvert une enquête à la suite du témoignage pour «agressions sexuelles» sur mineure de moins de 15 ans «par personne ayant autorité» et de «harcèlement sexuel» et l'a confiée à l’Office central de la répression de la violence faite aux personnes. [20 Minutes]

Réaction. «Elle a tort de penser que la justice ne peut pas répondre à ce type de situations, a commenté Nicole Belloubet, garde des sceaux. Je pense au contraire, surtout avec ce qu'elle a dit, qu'elle devrait saisir la justice, qui me semble être en capacité de prendre en compte ce type de situations.» [Le Parisien] Réaction (bis). «Les femmes savent que ce sera difficile et un “à quoi bonisme ?” existe, constate Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes. Jamais je ne dirai à une femme victime de violences comment elle devrait réagir. Je respecte les choix et les possibilités de chacune. Mais il nous appartient, nous gouvernement, de créer les conditions d'un vrai choix et donc d'une vraie condamnation pour mettre fin à ce sentiment d'impunité.» [Les Inrocks]

Bilan. En 2016, 73 % des quelque 33 000 plaintes pour violences sexuelles ont été classées sans suite, essentiellement pour «infraction insuffisamment caractérisée». Yael Mellul, coordinatrice du pôle d'aide aux victimes de violences au centre Monceau, à Paris explique : «Ce fossé, qu'on retrouve dans toutes les formes de violences, peut, en partie, s'expliquer par le manque de formation chez les acteurs de la chaîne pénale sur ce que sont ces violences et le traumatisme qu'elles engendrent chez les victimes.» [L'Express] Marathon. Après les plaintes, le dénouement est parfois long. Eric Morain, avocat défendant plusieurs victimes de harcèlement et violences sexuelles observe : «La victime, à partir du moment où elle dépose plainte, a un double sentiment. Celui d’avoir déposé un énorme fardeau et de se dire : “Ça y est, je l’ai fait”. En cela, elle a raison. Mais elle a aussi un sentiment qui se révélera faux : l’impression qu’après avoir déposé plainte, tout va se dénouer très vite.» [Le Monde] ūüá¨ūüáßAu Royaume-Uni, par crainte de voir leur vie personnelle exposée, la moitié des victimes de viols retirent leur plainte, même lorsqu'un suspect a été identifié. [The Guardian]

Opinion. «On ne peut pas vouloir changer le regard des citoyens sur un crime, et en même temps leur retirer le droit et même le devoir de le regarder bien en face et de participer, en pleine conscience, à son jugement. Tout cela sous le couvert de l’intérêt des femmes, puisque cela irait plus vite. Personne n’est dupe, il ne s’agit que d’argent», plaide Laure Heinich, avocate, au sujet du traitement des viols par les cours criminelles. [L'Obs]

Féminicides. Pour «dénoncer l'inaction de l'État face aux féminicides et la complicité de la justice française qui protège les hommes violents et les tueurs», des militantes féministes affichent des messages sur le palais de justice de Toulouse (Haute-Garonne). [La Dépêche] Des militantes collant de telles affiches à Paris et Lyon ont été arrêtées par la police. Une membre du collectif s'interroge : «Nous mettons près de trois minutes à coller nos affiches et les forces de l'ordre réussissent à intervenir dans ce temps record. Pourquoi ne se déplacent-elles pas si vite quand des femmes en danger les appellent à l'aide ?» [Le Parisien]

Femmes détenues

«Quand il y a des révoltes d'hommes en prison, c'est quelque chose de normal : leur dignité d'homme est atteinte, donc c'est normal qu'ils se révoltent, constate Audrey Chenu, professeure des écoles ayant connu la vie carcérale. Pour une femme, c'est considéré comme de la déviance, de l'ordre de l'incompréhensible : les filles sont déjà enfermées tout le temps, elles supportent plutôt bien l'enfermement du foyer, etc., donc pourquoi ne pas supporter celui-ci ?» [Délibérée nº8]

 

En bref

Sécurité


Depuis quatre ans, les meurtres de fonctionnaires, la vague de suicides et le débat sur les violences policières font vaciller l’institution policière


«La police ne va pas bien car on est dans un pays qui la maltraite»estime David Le Bars, chef du Syndicat des commissaires de la police nationale


Le nombre de policiers et gendarmes blessés «en mission» a augmenté de 15% en 2018


Soupçonné d'avoir rédigé de fausses contraventions, un policier martiniquais de la BAC est sorti de détention provisoire


Deux policiers britanniques ont été mis en examen pour le meurtre de Dalian Atkinson, ancien footballeur d'Aston Villa


Plus de 600 policiers ont participé à l'évacuation des bidonvilles accueillants de demandeurs d'asile à la porte de la Chapelle à Paris ; des rondes de policiers sont mises en place pour éviter de nouvelles implantations


«Avant tout, ne faites aucun mal» : le département de police de Camden (New Jersey, États-Unis) révolutionne son mode d'action


«Nos décideurs sont de plus en plus sensibles à la nécessité de lutter contre une criminalité environnementale»se félicite le chef de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique


Dans les collèges de Rennes (Ille-et-Vilaine), la police est une alternatives au conseil de discipline


Arme, salaire et logement de fonction : les communes d'Île-de-France rivalisent pour attirer les policiers municipaux


Les policiers municipaux de Ferney-Voltaire (Ain) seront désormais armés


L'Assemblée vote un budget 2020 en hausse pour la police et la gendarmerie


ūüíłLes revenus immobiliers de la Gendarmerie nationale sont bien loin des montants espérés


ūüé∂Les relations entre rappeurs et ministère de l'intérieur se sont régulièrement terminées devant la justice

Prison


La famille de Jean-François Torelli – mort à la maison d'arrêt de Gradignan (Gironde) au lendemain de son incarcération d'une crise cardiaque – attend des nouvelles de la justice


Un ancien détenu est suspecté du meurtre à Toulouse (Haute-Garonne) de son ancien co-détenu, qu'il voulait empêcher de nuire à nouveau


D'anciens détenus comparaissent devant la cour d’assises de Douai (Nord) accusés par un troisième co-détenu pour «torture», «actes de barbarie » et «tentative de viol» ; ils étaient tous trois incarcérés à Lille-Sequedin dans une cellule faite pour deux détenus


«Je veux sortir car j'ai des soucis de santé» : détenu depuis deux mois, Patrick Balkany espère une sortie sous contrôle judiciaire ; son épouse a annoncé l'ouverture d'une cagnotte pour aider à payer la caution, dont la légalité n'est pas garantie


ūüö®Employé d'une entreprise privée, un homme de 72 ans se montre incapable de conduire le véhicule chargé de l'escorte d'un détenu se rendant à l'hôpital de Verdun (Meuse)


Un surveillant pénitentiaire affecté à la «Souricière» du palais de justice de Paris, soupçonné de radicalisation, a été muté


«Des conditions de détention indignes de notre époque» : la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté a rendu cet été un rapport sur la maison d'arrêt d'Angers (Maine-et-Loire) ; au 1er octobre, celle-ci comptait 266 détenus pour 407 places


Il y a trois détenus par cellule à la maison d'arrêt de Tours et un taux d'occupation de près de 200%, alertent des syndicats pénitentiaires


51 personnes vivent avec un bracelet électronique en Polynésie française


«Nous représentons une des principales sources d’information sur les prisons françaises» : la section française de l'Observatoire international des prisons voit ses subventions publiques se réduire ; une collecte de dons a été lancée


«De l'humanité, il n'y a que ça dans les établissements pénitentiaires»témoigne Christelle Rotach, ancienne directrice de plusieurs établissements pénitentiaires


Les visites du bâtiment historique de la prison des Baumettes à Marseille (Bouches-du-Rhône) affichent complet

Justice


Jean-Michel Hayat, nouveau premier président de la Cour d'appel de Paris estime que le traitement des accidents collectifs est un «enjeu majeur pour la justice de demain»

Surveillance et technologies


ūüöĀLa brigade d'hélicoptères de la ville de Dallas (Texas, États-Unis) fête ses 50 ans


ūüďĻEn plus des 284 caméras fixes, Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) s'équipe d'une caméra «nomade»


Pour la première fois, en Floride, un policier annonce qu'il a obtenu un mandat pour accéder à la base de données d'ADN de GEDmatch, faisant fi des conditions d'utilisation


 
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Comme les précédentes, cette édition a été préparée par Alexandre Léchenet. Retrouvez-nous sur notre site.



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