Copy

#1 L'INCROYABLE SAUVETAGE DU 60 PIEDS SMA

Après 20 longues journées de dérive depuis l'hélitreuillage de Paul Meilhat, sérieusement blessé le 14 décembre en pleine Saint-Barth-Port-la-Forêt, le 60 pieds Imoca SMA a donc été amarré sur coffre à Crookhaven, à quelques encablures du Fastnet. Période des fêtes oblige, on en a peu parlé, mais le sauvetage de l'ex-Macif, vainqueur du dernier Vendée Globe, a été une véritable odyssée. Une première tentative, partie des Açores le 16 décembre, se solde rapidement par un échec au vu des conditions météo ; une seconde, au départ de La Corogne, quelques jours plus tard, également.
Pendant ce temps, le 60 pieds, propriété de Mer Agitée, dérive à 4 noeuds de moyenne vers le nord-est, bâbord amures, barre sous le vent, quille dans l'axe et ballasté au vent, le J2 enroulé ballotant au gré des vagues après la rupture du lashing d'amure qui avait causé l'intervention puis l'accident de Paul Meilhat. Aidée de Christian Dumard, l'équipe de Mer Agitée parvient à calculer des polaires de dérive et à produire des routages assez précis.
Mais devant les difficultés des remorqueurs sollicités à intervenir efficacement, Pantaenius, l'assureur du bateau, décide de faire appel à Adrien Hardy. Cela se sait peu, mais le figariste n'est pas un néophyte en matière de sauvetage de bateau de course : il a commencé cette carrière particulière en 2013, en allant chercher le Pogo 2 de Ian Lipinski, son ancien préparateur, vainqueur cette année de la Mini-Transat. Depuis, il a joué les Saint-Bernard à plusieurs reprises pour Pantaenius.
Envoyer des coureurs au large chercher, à la voile, des bateaux de course à la dérive a beaucoup d'avantages : une plus grande autonomie que sur un remorqueur, une mise à l'eau du zodiac facilitée, une capacité de remorquage suffisante pour des monocoques... et un équipage qui connaît parfaitement la machine à aller chercher, saura la ramener en entier et, surtout, n'a pas froid aux yeux
« C'est une belle aventure, un beau défi, confie Adrien sur la route du retour, une activité très riche, avec de la stratégie, de l'estime, etc. On navigue dans des conditions qu'on ne retrouve pas en course, c'est très complémentaire.»
Hardy le bien nommé prend la mer depuis Le Crouesty sur un Cigale 14 le 23 décembre au soir, en compagnie de son père et de deux ministes, Olivier Jehl et l'Irlandais Thomas Dolan. « Il faut des gens motivés, car c'est voyage long et incertain, résume Hardy. Et quand on part là-dedans, il faut y aller à fond : on aura eu entre 30 et 65 noeuds en permanence... » Les conditions météo se dégradant terriblement, l'équipage fait demi-tour au bout de trois jours, à moins de 200 milles de l'objectif, pour rentrer sur Brest effectuer des réparations et attendre une accalmie. Le soir du réveillon, Adrien et son équipage, auquel s'est joint le Kiwi Chris Sawyer, prennent la route de l'Irlande dans des conditions toujours aussi viriles et se mettent en stand by à Crookhaven. Parallèlement, l'équipe Mer Agitée, emmenée par Marcus Hutchinson, a affrété un remorqueur irlandais.
Lundi 4 janvier, le Cigale 14 est le premier a repérer l'Imoca à la dérive, à une centaine de milles du Fastnet ; Hardy monte à bord 1 heure plus tard. Le remorqueur arrive dans la nuit mais devra se contenter de surveiller les opérations : l'équipe d'Adrien installe une motopompe pour évacuer l'eau, sécurise le gréement et envoie le tourmentin pour rallier Crookhaven à la voile. Mercredi 6 au matin, le 60 pieds bleu et blanc est à l'abri ; l'équipe technique peut monter à bord où l'attend un peu de travail (système de barre abîmé, voiles déchirées, de l'eau à l'intérieur...) avant le convoyage vers Kinsale, d'abord, et Port-la-Forêt ensuite. Hardy, qui a repris la mer jeudi, est attendu ce samedi soir au Crouesty. 
« On va pouvoir ouvrir les cadeaux de Noël ! »
 
[SI VOUS AVEZ PASSÉ LES VACANCES À FESTOYER PUIS A DIGÉRER...]
Tip&Shaft #2 vous l’annonçait, c’est officiel : Toulon accueillera bien les America’s Cup World Series en 2016, mais ce sera les 10 et 11 septembre   Cocorico sur la Sydney-Hobart : Comanche, plan VPLP, vainqueur en temps réel, Courrier Léon (Géry Trenteseaux) en IRC 4 (et 2e overall en temps compensé), et Teasing Machine (avec Jérémie Beyou à la nav) en IRC3  ●  Billy Besson et Marie Riou sont des machines : ils ont gagné fin décembre la Copa Brasil de Vela en Nacra 17   Et ils font des émules : deux médailles d’or aux Mondiaux ISAF pour Louis Flament-Charles Dorange (SL16) et Titouan Le Bosq (RS:X)  ●  Arnaud Boissières a décroché un sponsor titre pour le Vendée Globe 2016 : La Mie Câline, entreprise vendéenne  ●  Le Conservateur, en revanche, n'a pas renouvelé son partenariat avec Yannick Bestaven, pourtant vainqueur de la Transat Jacques Vabre en Class40.
 
#2 JOYON, LA RÉVÉLATION EN ÉQUIPAGE

Attendu ce vendredi soir sur la ligne à Ouessant, après un peu moins de 48 jours de navigation, malgré une ultime avarie de safran la dernière nuit, IDEC Sport, précédé de quelques heures par Spindrift 2, n’aura donc pas réussi à s’emparer du Trophée Jules-Verne. Pour autant, le bilan de cette première tentative est jugé excellent par Patrice Lafargue, patron d’IDEC et fidèle soutien depuis 2003 d’un Francis Joyon métamorphosé par ce tour du monde. « Pour Francis, le fait de naviguer en équipage était une découverte, pour moi aussi. C’est lui qui me l’avait proposé et franchement, j’avais des doutes. C’est un homme très réservé et très solitaire sur l’eau, je ne l’imaginais pas si disponible et prendre autant de plaisir en équipage. Je pensais que son plaisir ultime, c’était d’être tout seul sur un bateau ; là, il s’est révélé à lui-même. »
La communication "positive", illustrée par les nombreuses vidéos du bord montrant un Joyon souriant et même blagueur, ont fait le reste, comblant un Patrice Lafargue qui ne demande qu’à remettre ça. « L’échec, ce n’est pas l’histoire de Francis et je suis sûr que la bande de fous furieux avec lui est dans le même état d’esprit. Ils savent que le bateau a la faculté de le faire, ils n’auront qu’une hâte, c’est d’y retourner. » Prêts pour un nouveau stand-by d’ici la fin de l’hiver ? « Je suis encore assez con pour dire oui… », conclut Patrice Lafargue.

 
LA PHOTO DE LA SEMAINE PAR... GUILAIN GRENIER
Une image qui date un peu, mais suggérée par l'un de nos lecteurs : il fût un temps où les foils avaient de la gueule, n'est-ce pas James Spithill ?

#3 QUAND LA DIPLOMATIE SE MÊLE DE VOILE

Ce vendredi, l’ISAF - rebaptisée depuis peu World Sailing - tient un comité exécutif d’urgence sur une histoire passée quasi-inaperçue en France, mais pas dans le monde anglo-saxon de la voile : le 24 décembre, Israël a renoncé à envoyer deux planchistes aux Mondiaux Jeunes ISAF en Malaisie, estimant inacceptables les 8 conditions posées par le pays organisateur pour l’obtention de visas. L’affaire a fait réagir nombre de fédérations, dont la FFV qui, au bas d’un communiqué relatant la compétition, s’est montrée prudente, « déplorant » la situation et bottant en touche pour s'en remettre aux conclusions de World Sailing. Trop prudente, comme l'estiment certains ? « Les choses paraissent plus compliquées, justifie Bernard David, chargé des relations internationales à la Fédé. Il semble d’abord que la Fédération israélienne se soit inscrite tardivement. Ensuite, le gouvernement malaisien a demandé, afin de garantir la sécurité des Israéliens, de ne pas apporter de drapeaux ni de faire figurer les insignes ISR sur les voiles. En outre, la délégation israélienne souhaitait que sa sécurité soit assurée par du personnel israélien en armes, ce qui lui a été refusé. » Des justifications battues en brèche par la fédération israélienne. World Sailing semble bien embarrassée au moment de se prononcer. « L’ISAF pourrait prendre des sanctions en cas de faute, mais visiblement, ce n’est pas le cas, les deux fédérations ayant suivi les directives de leur gouvernement », conclut Bernard David.
 

#4 TIP & SHAFT A RÉPÉRÉ DERNIÈREMENT :
[MESSAGE(S) DE SERVICE]
Tip se joint à Shaft pour souhaiter à tous nos lecteurs une excellente année 2016 ; on vient de se rendre compte que ça allait faire quand même beaucoup de boulot, cette histoire ! ●  Tip & Shaft a commis quelques erreurs et oublis dans son dernier numéro ; on corrige ici : c'est le Corcovado et non le Pain de Sucre que l'on pouvait apercevoir en arrière-plan de la photo de la semaine (merci à Guillaume, notre lecteur de Rio) ; SOG signifie Sailing Organisation Guillemot, et non Safran Organisation Guillemot, comme indiqué (merci @polemile20) ; si Embruns est réalisé par Nicolas Raynaud, il est aussi produit par Bleu Iroise (merci Erwan) ; enfin, nous avions oublié de remercier Antoine Robin - il sait pourquoi ;-)  ●  Pas de #5 cette semaine, pour compenser la longueur de la #1, mais on reprend les bonnes habitudes la semaine prochaine !  ● Comme d'habitude, vous pouvez toujours nous joindre là : axel@tipandshaft.com et pyl@tipandshaft.com  ● Le planning pub se remplit, si vous avez des besoins ou des envies, nos tarifs 2016 sont disponibles ; n'hésitez pas à les demander par mail, on n'est pas chers !  ●  Nous avons envoyé cette newsletter à 2 000 personnes tout rond ; beaucoup de nouveaux abonnés pendant les vacances, mais on a encore nettoyé le fichier car au-dessus de 2 000 Mailchimp est payant ;-)  
Des questions, des remarques, des protestations, des envies, des infos ? Contactez-nous !
Forward
Tweet
Share
Share
+1
© 2016 Tip & Shaft Tous droits réservés