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Tip & Shaft, la newsletter de la voile de compétition
Vendredi 5 juillet 2019 
Numéro #167
Cette semaine dans Tip & Shaft :
  • ENQUÊTE - Comment la voile française se prépare à la mixité olympique
  • BRÈVES - Si vous avez passé la semaine à regarder la série Chernobyl
  • PHOTO - 226 bateaux à Stockholm au départ de  l'ÅF Offshore Race 2019, dont l'ex VO65 Brunel, sous l'oeil de Henrik Trygg.
  • INTERVIEW - Jean-Baptiste Durier : "Le Tour Voile est la pierre angulaire de notre écosystème"
  • MERCATO - 6 offres d'emplois et de nombreuses annonces encore cette semaine
  • REVUE DE PRESSE - Les 7 articles à lire cette semaine.
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© Alexis Courcoux

COMMENT LA VOILE FRANÇAISE SE PRÉPARE À LA MIXITÉ OLYMPIQUE

Les organisateurs de la Transat AG2R La Mondiale ont annoncé cette semaine qu’ils offriraient les droits d’inscription aux duos mixtes, tout en créant un classement spécifique pour l'édition 2020. Cette décision est l'une des illustrations de l’appel d’air provoqué par l’annonce de l’introduction de la course au large double mixte aux Jeux olympiques de Paris 2024. Tip & Shaft vous raconte comment structures, classes, organisateurs et FFVoile se mettent en marche en vue de cette échéance.
 
Trois femmes sur 38 marins lors de la Transat AG2R La Mondiale 2018, 6 sur 123 lors de la dernière Route du Rhum, 5 sur 47 sur la Solitaire du Figaro qui vient de s’achever : les femmes ont encore bien du mal à faire leur place dans le monde très masculin de la course au large. Un constat qui a conduit les organisateurs de la Volvo Ocean Race à imposer une ou plusieurs femmes dans les équipages depuis deux éditions. Et si elles pourraient être six sur une trentaine d’inscrits sur le prochain Vendée Globe, ce serait après une édition entièrement masculine en 2016...
 
Mais ce qui pourrait insuffler une véritable dynamique en matière de féminisation de la voile dans les prochaines années, c’est la décision annoncée par World Sailing lors de sa Conférence annuelle de Sarasota, en octobre dernier, d’introduire une épreuve de course au large double mixte au programme olympique des Jeux de Paris 2024. Depuis, un certain nombre d’initiatives se font jour pour ouvrir davantage le large aux femmes. Dernier exemple en date : les organisateurs de la Transat AG2R La Mondiale ont annoncé cette semaine l’exonération des droits d’inscription (3000 euros hors taxe) pour les équipages mixtes, ainsi que la création d’un classement spécifique, doté financièrement.
 
« L’annonce de World Sailing a été l’élément déclenchant, reconnaît José Messer. La transat pourrait ainsi devenir une des passerelles vers les Jeux olympiques. » Le directeur du sponsoring d’AG2R La Mondiale table sur « cinq à sept Â» duos mixtes au départ de Concarneau le 22 avril prochain. L’épreuve pourrait-elle devenir à terme totalement paritaire ? « A ce jour, ce n’est pas notre ambition, d’autant que même si des filières se mettent en place, cela va prendre un peu de temps de former des skippeuses à ce genre de format Â», poursuit-il.
 
Aujourd’hui, même si les différentes structures d'entraînement (Finistère course au large, Lorient Grand Large, Team Vendée Formation, CEM…) accueillent des skippeuses - essentiellement en Mini et en Figaro - il n’existe pas de filière féminine spécifique. « Quand on vient de l’olympisme, on ne sait pas trop par quel bout prendre les choses pour rentrer dans le milieu de la course au large Â», explique ainsi Mathilde Géron, ex spécialiste de 470 aujourd’hui à la barre du Diam 24 La Boulangère, qui dispute à partir de ce vendredi le Tour Voile. C’est en partie pour remédier à cette carence, mais également en raison de l’appel d’air olympique, que la Région Bretagne et le Crédit Mutuel de Bretagne ont annoncé récemment le lancement d’une filière féminine de détection et d’accompagnement en solitaire sur Figaro 3 calquée sur le modèle du programme Espoir.
 
A ce jour, sept dossiers on été été reçus à Port-la-Forêt, la plus grande partie des candidates venant de la classe Mini 6.50, ce qui a d’ailleurs conduit le pôle à décaler les tests de sélection à décembre, au retour de la Mini-Transat. « L’appel à candidatures vise aussi Ã  voir si le vivier existe, explique Christian Le Pape, patron du Pôle Finistère course au large, maître d’œuvre du programme. Autant on a pléthore de choix chez les garçons pour conduire une préparation olympique en course au large, autant chez les filles, il n’existe pas 15 000 profils. Aujourd’hui, l'objectif est de voir quel est le réservoir précis, sachant que celles qui ne seront pas prises sur le programme Bretagne CMB pourront toujours être accompagnées par la Fédération Â», poursuit Christian Le Pape, Ã©galement impliqué sur le sujet au sein de la FFVoile aux côtés de Corinne Migraine, vice-présidente en charge du département compétition-performance. Si cette dernière se félicite de l’initiative bretonne, elle regrette juste qu’elle ne soit destinée qu’à une tranche d’âge, 18-30 ans : « A la fédération, il ne faut surtout pas se limiter. L’idée est de voir arriver des filles de profils et horizons très différents ».

Des réflexions similaires sont en cours : chez Macif, Jean-Bernard Le Boucher directeur de l'activité mer, confie à Tip & Shaft Â« plancher sur la meilleure façon de contribuer à ces Jeux olympiques 2024 Â», tandis qu’Estelle Graveleau, directrice du Team Vendée Formation, « réfléchit à la façon de former des marins dans cette perspective olympique, d’autant que nos partenaires sont intéressés Â». De son côté, la Fédération s’apprête à lancer un appel à candidatures en vue des premières échéances sportives, en particulier le tout premier championnat du monde de course au large en L30, qui se déroulera en octobre 2020 à Malte. Une première sélection qui pourrait intervenir très rapidement puisqu'un championnat d’Europe, également en L30, est annoncé pour octobre à Trieste, en Italie. Une compétition qui serait organisée sous l’autorité de l’Eurosaf, la fédération européenne, avec la collaboration du constructeur et promoteur du L30, l'Ukrainien Luka Rodion, qui vient par ailleurs d’annoncer le lancement d’un circuit de double mixte calqué sur le format éventuel de l’épreuve olympique (plus ou moins trois jours/deux nuits).
 
« On attend avec impatience de voir l’avis de course de ce championnat d’Europe, mais nous sommes prêts à dégainer notre appel à candidatures, annonce Corinne Migraine. Je pense que ça va faire sortir les filles du bois, elles vont se dire que ça bouge, qu’elles vont être accompagnées comme on accompagne la filière féminine en voile légère. » La vice-présidente estime qu’il ne faut pas traîner : « Le L30, on est tous d’accord pour dire que ce n’est pas le bateau idéal, mais on a un programme de courses avec une flotte disponible sur des formats proches de celui des Jeux, pourquoi ne pas y aller ? Ça a le mérite de lancer une dynamique. Il faut proposer des choses aux filles qui ont envie, parce que j’ai aussi peur que certaines partent à l'étranger, comme Sophie Faguet en Belgique. Â»
 
Effectivement, cette dernière a répondu à l’appel de Jonas Gerckens, qui lui a proposé à la fois de naviguer avec elle en Class40 et de faire des tests en L30 en vue d’une éventuelle collaboration sous bannière belge. « L’hiver dernier, j’ai contacté Marc Guillemot et Loïck Peyron qui cherchaient des filles pour leur projet, mais leur choix se portait sur des moins de 30 ans, alors que je suis assez persuadée que l'expérience peut faire la différence en 2024. Quand Jonas m’a contactée, j’ai été enthousiaste, parce que, en plus de la perspective de participer aux Jeux, il me donne l’opportunité de continuer à faire de la course au large performante et de naviguer en parallèle en match-racing. Â»

La Normande est loin d’être la seule à se tourner vers l’épreuve de large olympique. Mathilde Géron a annoncé à Tip & Shaft avoir bien l’intention de regarder le sujet de près, Cassandre Blandin, qui débute cette année en Figaro 3 sous les couleurs de Klaxoon, se dit que si sa priorité est de faire son « apprentissage au large Â», elle pourrait « s’y pencher de plus près Â» par la suite. Tandis que Cécile Laguette affirme : « Ã‡a me donne très très envie d’aller jouer une médaille aux Jeux en course au large, donc aujourd’hui, je regarde comment aller naviguer en L30 en vue du championnat du monde l’année prochaine, car il faut se lancer tôt. Â»
 
Si la fédération, les structures d’entraînement et les navigatrices se mettent en marche en vue de l’objectif olympique, c'est aussi le cas des organisateurs, comme le reconnaît Mathieu Sarrot, qui en a justement discuté mardi avec Corinne Migraine au siège de la FF Voile : « Il y a une belle énergie, beaucoup de gens réfléchissent à créer des épreuves de double mixte sur le format olympique, mais encore faut-il trouver la bonne économie. Â» Nouveau président de la classe Figaro, Yvon Breton se montre très volontariste : « Ce serait dommage que le circuit Figaro ne serve pas de référence pour aller vers cette discipline olympique. Je ne peux pas garantir qu’en 2020 on aura du concret, parce que le calendrier est déjà bien établi, mais pour 2021, nous serons plus démonstratifs ». Le prédécesseur de José Messer chez AG2R La Mondiale ajoute : « Je pense aussi que c’est une ouverture par rapport à d’éventuels sponsors : il y a probablement des entreprises que cette démarche interpellera et qui viendront avant tout pour la mixité. C’est d’ailleurs ce que j’ai dit aux skippers à la fin de la Solitaire : "Vous avez un vrai intérêt à vous engouffrer dans cette voie, ça ne peut qu’élargir le champ de prospection de vos sponsors." C’est du win-win. Â»
Et outre-Manche ? En Grande-Bretagne aussi, certains font de l'épreuve olympique de course au large un objectif : c'est le cas de Hannah Diamond, ex spécialiste de Nacra 17, et de Henry Bomby, passé par le circuit Figaro, qui se sont rencontrés sur la dernière Volvo Ocean Race et s'entraînent sur un prototype SunFast 3300 loué à Sea Ventures, le distributeur Jeanneau en Grande-Bretagne. Leur objectif est aussi de disputer le championnat du monde 2020 à Malte. "Notre but est de démarrer tôt pour prendre de l'avance, et de façon indépendante afin de garder cet avantage. Nous prévoyons de nous entraîner et de courir en Figaro 3 l'année prochaine en France, parce que c'est là que le niveau est le plus élevé sur cette taille de bateau", explique Hannah Diamond à Tip & Shaft.
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[SI VOUS AVEZ PASSÉ LA SEMAINE DEVANT LA SÉRIE CHERNOBYL
 
[C'EST FAIT]
  • GC32. Alinghi (Arnaud Psarofaghis) a été sacré champion du monde de GC32 à Lagos devant Team Tilt (Sébastien Schneiter) et Ineos Rebels UK (Ben Ainslie). Pour sa dernière course sur le circuit GC32, Norauto (Franck Cammas) a pris la 4e place. 
  • IRC. Le Farr 36 français Absolutely II, skippé par Yves Ginoux, a été sacré champion d'Europe IRC Ã  Sanremo, après l'avoir emporté en IRC 3. Victoires françaises également en IRC 0 pour Team Vision Future (Jean-Jacques Chaubard), en IRC 1 pour Confluence Sopra (Jean-Pierre Joly) et en IRC 4 pour Alkaid (Christophe Heurtault). Seul l'IRC 2 échappe à la razzia tricolore, avec le succès des Italiens de Sayann (Paolo Cavarocchi).
  • MATCH-RACE. Le Britannique Ian Williams s'est imposé en finale de la Mid-Summer Match Race Ã  Skärhamn (Suède) face au Suisse Eric Monnin. Le Français Maxime Mesnil a pris la 5e place.
  • CATA DE SPORT. Benoît Ferellec en Diam 24, Yvan Bourgnon/Olivier Gaglioni en C1, Olivier Billard/Philippe Lenorment en C3, Kim-Anne Le Formal/Thomas Menou en Flying Boats et Nicolas Bouveyron/Vincent Cuvillier en F18 sont les lauréats de l'édition 2019 du Raid Emeraude.
  • VOILE OLYMPIQUE. Les Néo-Zélandais Logan Dunning Beck/Oscar Gunn en 49er, le Britannique Jack Cookson en Laser, la Suédoise Josefin Olsson en Laser Radial, le duo autrichien Thomas Zajac/Barbara Matz en Nacra 17 font partie des lauréats de la Semaine de Kiel.
  • OPTIMIST. L'Italie a décroché les titres européens féminin et masculin d'Optimist à Crozon-Morgat, avec les victoires d'Alessandro Cortese et de Federica Contardi. La Française Jeanne Larnicol se classe 3e.
  • LES VOILES DE LA BAIE. Amanjiwo (Sébastien Harinkouck) a remporté en temps réel Les Voiles de la Baie by TBS.
  • DUO MAX. Oursy (Didier Brouat et André Morante-Perez) sur le format Duo Max + et Poussières d'Ange (Marc Marc et Marc Sanjuan, père et fils) sur le format original, ont remporté l'édition 2019 de la Duo Max à Marseille.
  • BERMUDA 1-2. Le Class40 Privateer (Jonathan Green) a remporté en temps réel et compensé l'édition 2019 de la Bermuda 1-2.
  • MORBIHAN CHALLENGE. Nada (Hervé Nougier) a remporté la première édition du Morbihan Challenge.
[C'EST MAINTENANT]
  • TRANSATLANTIC RACE. A quelques milles de l'arrivée vendredi à Cowes, SHK Scallywag mené par David Witt était sur le point de s'imposer au scratch sur la Transatlantic Race partie mardi de Newport.
  • PARAVOILE. Les championnats du monde ParaVoile se tiennent toute la semaine à Puerto Sherry, en Espagne, sur quatre supports : 2.4mR, Hansa 303 (hommes et femmes) et RS Venture Connect.
  • IRC. 36 bateaux, menés en solitaire, double et équipage, ont pris mercredi le départ de la nouvelle Pornic-Baiona-La Rochelle, qui se court en deux étapes. Le départ de la seconde est donné le mardi 9 juillet.
  • CLASS40. Aïna Enfance & Avenir (Aymeric Chappellier/Rodrigue Cabaz) et Volvo (Jonas Gerckens/Benoît Hantzperg) Ã©taient à la lutte ce vendredi après-midi, à une poignée de milles de l'arrivée, pour la victoire sur la première étape des Sables-Horta-Les Sables ; le départ de la seconde, à destination de la Vendée, sera donné le vendredi 12 juillet.
  • MATCH RACE. 12 équipages participent de mercredi à dimanche à la GKSS Match Cup Sweden à Marstrand, qui fait office de World Match Racing Tour Championship Final.
  • LASER. Les championnats du monde de Laser ont débuté mardi Ã  Sakaiminato-City (Japon), ils se terminent mardi prochain.
  • CHAMPIONS LEAGUE. Saint-Pétersbourg accueille depuis jeudi et jusqu'à dimanche la troisième et dernière épreuve qualificative pour la finale de la Sailing Champions League.
  • RORC. Le départ de la Isle of Man Midnight Race entre Liverpool et Douglas (100 milles) est donné ce vendredi, l'IRC National Championship, également organisé par le RORC, se tient quant à lui de vendredi à dimanche à Cowes.
[C'EST BIENTÔT]
  • MANCHE. Le 35e Tour des Ports de la Manche (six étapes) s'élance dimanche de Carentan-les-Marais et s'achève vendredi à Granville.
  • RORC. Le départ de La Trinité-Cowes Race by Actual (350 milles) est donné dimanche, celui de Cowes-Dinard-Saint-Malo le vendredi 12 juillet.
  • EAST COAST. Le départ de la Marblehead to Halifax Race est donné dimanche.
  • RC44. La troisième étape de la 44Cup, la 44Cup Marstrand, qui fait aussi office de championnat du monde de RC44, se déroule du 9 au 13 juillet en Suède.
  • TRANSPAC. 96 équipages sont inscrits à la 50e édition de la Transpac dont le premier des trois départs est donné le 10 juillet de Los Angeles à destination de Honolulu.
  • FOILS. L'édition 2019 de la Garda Foiling Week a lieu du 11 au 14 juillet à Malcesine.
  • MONDIAUX JEUNES. Gdynia (Pologne) est le théâtre du 13 au 20 juillet des championnats du monde jeunes.
  • HOBIE CAT. La Rochelle accueille du 17 au 27 juillet le Hobie Multiworlds and Europeans Cup, qui inclut notamment inclut le championnat du monde de Hobie 14 et de Dragoon ainsi que le championnat d'Europe de Hobie 16.

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[LA PHOTO DE LA SEMAINE PAR HENRIK TRYGG] 
Un an après avoir terminé à la troisième place de la Volvo Ocean Race, l'ex Brunel, rebaptisé HiQ 4, a remporté, avec Bouwe Bekking à la barre l'ÅF Offshore Race 2019, course très populaire en Suède (225 bateaux inscrits), qui part de Stockholm et fait le tour de l'île de Gotland. L'équipage mené par le vétéran du tour du monde en équipage a établi un nouveau record de l'épreuve en 27 heures 4 minutes et 9 secondes, le deuxième est un autre VO65, Ambersail 2 (ex Team SCA), mené par le Lituanien Saulius Pajarskas.
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JEAN-BAPTISTE DURIER : "LE TOUR VOILE EST LA PIERRE ANGULAIRE DE NOTRE ÉCOSYSTÈME"

Organisateur du Tour Voile depuis 2012, Amaury Sport Organisation, qui a fait évoluer l’épreuve à partir de 2015 en la faisant passer en Diam 24, tarde toujours à la rentabiliser, faute de partenaire titre. Au moment où l’édition 2019 s’élance de Dunkerque (fin des régates à Nice le 17 juillet), Tip & Shaft s’est entretenu avec son directeur, Jean-Baptiste Durier.
 
Comment se présente cette 42e Ã©dition ?
Elle se présente bien sportivement, parce que nous avons eu une avant-saison extrêmement serrée, avec un niveau sportif qui est encore monté d’un cran. Les Tour Voile Series ont vu cinq-six teams capables de jouer aux avant-postes et prétendre à la victoire finale sur le Tour, si bien qu’aujourd’hui, bien malin qui peut dire qui va gagner ce Tour Voile.  
 
23 inscrits cette année, soit la plus petite participation depuis que le Tour est passé en Diam, savez-vous comment l'expliquer ?
Pas vraiment. Aujourd’hui, le nombre de concurrents se stabilise autour de 25, parfois un peu plus, parfois un peu moins. Chaque année, on a toujours autant de projets, autour de soixante, que l’on considère comme sérieux, qui cherchent à sécuriser le budget nécessaire pour venir, ça montre que la volonté de participer est toujours aussi forte. Après, en fonction de la conjoncture, d’une somme de petits détails, on a plus ou moins de teams qui arrivent à boucler leur budget. On aimerait évidemment en avoir plutôt 27 que 23, mais ça ne change pas grand-chose à la photo globale.
 
Ça coûte cher de participer au Tour ?
Aujourd’hui, on peut faire le Tour pour des budgets compris entre 50 000 euros (HT) pour un petit budget amateur à 250 000 euros pour les teams professionnels, qui font l’intégralité de la saison de Diam 24. La grande majorité des équipes vont être dans une fourchette entre 80 000 et 120 000. Donc ça reste de l’argent à aller chercher, mais ça coûte trois fois moins cher qu’avec le bateau précédent, le M34, et à l’échelle de nombreux projets sportifs, ce n’est pas énorme.

Au début du Tour en Diam, on comptait pas mal de têtes d’affiche : Franck Cammas, Yann Guichard, Vincent Riou, Thomas Coville, Jérémie Beyou... Cette année, surtout après le retrait de Franck Cammas, elles sont peu nombreuses, mais il y a en revanche beaucoup de jeunes : cela signifie-t-il que le Tour est plus devenu une épreuve de promotion pour ces derniers ?
Pour ce qui est de Franck, on est évidemment déçu qu’il ne soit pas là, mais on comprend parfaitement qu’il saisisse l’opportunité Gitana. Il est néanmoins toujours manager du projet Oman Sail et sera présent régulièrement. Pour le reste, la réalité c’est que tu as beau être sur un bateau de 7,25 mètres accessible techniquement, tu es sur de la monotypie où les petits détails font la différence. Et ces petits détails, il n’y a pas de secret, si tu veux prétendre jouer les premiers rôles, tu vas les chercher en naviguant dans toutes les conditions, ça demande une disponibilité importante pendant les six mois précédant le Tour Voile. Ça explique qu'il est difficile de combiner un projet Tour Voile en ayant des aspirations de très haut niveau avec un autre projet ambitieux. Aujourd’hui, il y a effectivement toute une filière jeune qui s’est développée autour du Tour, ce sont certes des noms moins médiatiques que ceux de la course au large, mais il ne faut pas se tromper, ce sont des marins qui évoluent au très haut niveau. On le voit avec un Kevin Peponnet qui gagne le Tour l’année dernière puis devient champion du monde de 470, un Quentin Delapierre qui passe ensuite sur une préparation olympique en Nacra 17…
 
Parlons du budget du Tour Voile : il y a cette année un seul partenaire officiel, Cheminées Poujoulat (voir notre interview la semaine dernière), contre deux l’an dernier, et toujours pas de partenaire-titre, cela signifie-t-il qu’il a été revu à la baisse ?
Malheureusement pour nous, les revenus sont en baisse alors que les charges d’organisation sont tout à fait comparables à celles de l’an dernier. On ne va pas le cacher : on a eu une mauvaise nouvelle, puisque nous avions un deal quasiment ficelé sur le naming qui a périclité au dernier moment. Clairement, au niveau budgétaire, ce n’est pas une bonne année pour nous, on perdra de l’argent sur 2019. Maintenant, on regarde l’avenir avec sérénité et on a repris le fil de discussions entamées sur ce partenariat majeur qu’on espère finaliser pour 2020.
 
Pouvez-vous nous en dire plus sur l’échec de ce deal ?
Ça s’est passé au printemps, avec un énorme acteur mondial de l’énergie. Le projet, qui faisait partie d’un plan un peu plus global, a capoté au niveau du board mondial. Ça a été un peu dur à avaler parce que c’est arrivé tardivement, mais on s’en remettra.
 
Le Tour Voile est-il une épreuve difficile à vendre ?
C’est une épreuve particulière à vendre. On évolue dans un écosystème en France qui donne plutôt la part belle à la course au large en solitaire, tout ce qui n’entre pas dans ce cadre nécessite plus d’efforts de pédagogie. Après, ce qui fonctionne sur le Tour, c’est cette notion de tournée d’été qui permet de toucher la quasi-totalité des départements littoraux français sur quelques années. C’est notre atout n°1 et ce que nos partenaires viennent chercher avec la perspective d’intégrer un road-show clés en main. Aujourd'hui, beaucoup de teams sont d'ailleurs financés par des grosses PME ayant une problématique de réseaux et de points de vente sur tout le territoire, elles se servent du Tour pour des opérations de BtoB et/ou en direction du grand public.
 
Cela fait maintenant deux-trois ans que vous affichez votre désir de faire passer un cap à l’épreuve (voir notre article de l'an dernier), ce qui passe par ce partenariat-titre, n’est-ce pas frustrant de buter sur cet écueil ?
Je te mentirais si je disais le contraire, parce que l’aspiration légitime de n’importe quel organisateur est de vouloir toujours faire mieux et on nourrit de grandes ambitions pour l’épreuve. Le Tour Voile dans sa mouture actuelle nous plaît beaucoup, je pense qu’on a prouvé notre capacité à proposer un événement sexy, on lui a redonné ses lettres de noblesse, mais c’est vrai qu’on a énormément d’idées pour faire encore plus, et elles passent par ce partenariat principal.
 
Y a-t-il une pression de l’actionnaire pour en faire un événement rentable ?
L’actionnaire, le Groupe Amaury, regarde forcément les résultats des différents « business units Â», comme dans n’importe quelle entreprise. Après, on est globalement très heureux d’avoir mis un pied dans la voile, on considère que le Tour Voile était le bon événement à la bonne taille pour intégrer cet univers et découvrir ses codes tout en apportant notre savoir-faire. L’idée ensuite, c’est d’arriver à constituer progressivement un écosystème vertueux, on a commencé à poser des jalons avec Nice UltiMed qui a été une belle première, on a beaucoup d’autres projets de grande envergure pour la suite. Donc le Tour Voile est considéré chez nous comme la pierre angulaire de cet écosystème. On n’aurait jamais fait Nice UltiMed si on n’avait pas eu le Tour Voile avant, le Tour est un monument de la voile française, comme la Solitaire du Figaro qui vient de s’achever.
 
Il n’y a donc pas matière à remettre en question l’investissement d’ASO dans la voile ?
Je ne peux pas beaucoup en parler parce que c’est en coulisses, mais ce n’est pas du tout la tendance, l’objectif est surtout de développer la présence d’ASO dans la voile et sur des projets de grande envergure.
 
Dont celui de tour du monde en équipage en Ultim au départ de Nice à horizon 2021 (voir notre article), on a l’impression qu’il est aujourd’hui en suspens, en attendant les élections municipales à Nice, qu’en est-il exactement ?
Je ne peux pas en parler, je vous donne rendez-vous au printemps prochain. Mais ce qui est sûr, c’est que les Ultims ont annoncé un calendrier avec alternance tous les deux ans d’un tour du monde en équipage et d’un tour du monde en solitaire, le premier a été annoncé au départ de Méditerranée, on travaille avec beaucoup de passion et d’envie pour ce que ce tour du monde prenne vie. Mais il est trop tôt pour en dire plus.
Bannière podcast Vincent Riou
[MERCATO : LES MOUVEMENTS DE LA COURSE AU LARGE]

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La première parution est gratuite. Les trois suivantes coûtent 60 € HT.

[DÉPARTS & NOMINATIONS]
  • YANN ÉLIÈS a été choisi par Charlie Dalin pour l'accompagner à bord du tout nouveau Apivia sur la prochaine Transat Jacques Vabre.
  • LAURA LE GOFF, directrice du Vendée Globe, figure en 10e position au classement des 100 jeunes dirigeants qui font le sport business en France établi par l'Institut Choiseul.
  • BEN AINSLIE a été nommé directeur non-exécutif de Henri Lloyd, dont il sera également conseiller technique.

[JOBS]
  • AVEL ROBOTICS se développe et recrute :
    • un-e technicien-ne en composites pour un travail en complément des tâches automatisées par robot,
    • un-e ingénieur-e conception mise en production matériaux composites,
    • un-e technicien-ne opérateur robot pour contrôler une machine de drapage par fabrication additive (machine AFP). Expérience en automatisme ou de contrôle-maintenance de machine-outil, secteur du nautisme ou aéronautique.
      => Postes en CDI basés à Lorient.
  • GUNBOAT recherche un(e) ingénieur méthodes/ production ainsi qu'un(e) dessinateur /projeteur pour la fabrication du Gunboat 68 et les futurs projets ; postes en CDI, basés à La Grande Motte.
  • XPO-ANTAL recherche un magasinier matériel nautique en charge des envois clients et des livraisons fournisseurs ; poste en CDI basé à La Rochelle.

[OFFRES DE SERVICE]
  • RÉMI COQUELIN, fort d'une expérience de 7 ans en tant qu'ingénieur mécatronique en robotique sous-marine, crée CALIPSA, à Calan, près de Lorient, dans le but d'offrir ses services en ingénierie mécatronique au monde de la course au large : conception mécanique, résistance des matériaux, industrialisation, programmation de microcontrôleurs, architecture système, choix de capteurs et actionneurs...

[ANNONCES & PARTENARIATS]
  • La 2e édition de TIP & SHAFT/CONNECT PARIS aura lieu mardi 17 septembre au Théâtre de la Tour Eiffel (au même endroit que la conférence de presse de la Transat Jacques Vabre, prévue à 17h00), autour d'une question qui prend de plus en plus d'importance dans le secteur de la voile de compétition : le développement durable est-il un levier pour le sponsoring voile ? Café d'accueil dès 9h, conférence de 10h30 à 13h avec cocktail à suivre. Vous pouvez d'ores et déjà réserver vos places.
  • VINCENT RIOU est l'invité du 7e épisode d'INTO THE WIND, le podcast de Tip & Shaft. Vous pouvez retrouver Into The Wind sur toutes les plateformes de diffusion : iTunesDeezerSpotifySoundClound...
  • La COUPE DE L'AMERICA 2021 accueillera finalement quatre challengers, DutchSail s'étant retiré de la course, tandis que Stars & Stripes Team USA a confirmé son inscription et concourra lors des sélections entre challengers avec Luna Rossa Challenge, American Magic et Team Ineos UK.
  • LA HAYE accueillera les prochains championnats du monde de voile olympique en août 2022, mais également les championnats du monde jeunes un an plus tôt, en juillet 2021.
  • VOILE POUR AVEUGLE. Un équipage français s'alignera pour la première fois lors du championnat du monde de blind sailing, début septembre au Canada. L'équipe, emmenée par Nicolas Rondouin, cherche des fonds.
  • LA DRHEAM CUP 2020 (11-19 juillet), s'effectuera dans le sens inverse de la précédente édition avec deux parcours (736 et 428 milles) entre Cherbourg-en-Cotentin et La Trinité-sur-Mer. Un prologue sera organisé dont seront exemptés les équipages IRC participant dans le même temps à Cowes-Dinard.
  • THE MIRPURI FOUNDATION, qui soutenait l'équipage de Turn the Tide on Plastic sur la dernière Volvo, a officialisé sa participation en VO65 à la prochaine édition de The Ocean Race, avec un nouveau nom, Racing for the Planet.
  • La DOUARNENEZ HORTA devient la DOUARNENEZ COURSES GIJON, avec un parcours en deux étapes qui, au lieu d'aller aux Açores, ira à Gijon via le Fastnet (étape retour dans l'autre sens), le départ ayant été décalé au 4 août. La course est ouverte aux Figaro 3 en solitaire et aux IRC en solitaire ou équipage.
  • Le concours photo MIRABAUD YACHT RACING IMAGE 2019 est officiellement ouvert, les photographes de mer professionnels souhaitant candidater ont jusqu'au 13 octobre pour envoyer leur photo, le lauréat sera connu le 26 novembre pendant le Yacht Racing Forum.
  • Les nominations pour les 2019 WORLD SAILING AWARDS qui seront décernés le 29 octobre 2019 aux Bermudes sont ouvertes.
  • PORTIMAO sera la première escale de la prochaine Clipper Round The World Yacht Race, les concurrents arriveront à partir du 8 septembre.

[LANCEMENTS]
  • DON MCINTYRE, après le succès de la Golden Globe Race, lance à horizon 2023 la Ocean Globe Race, réplique 50 ans après de la Whitbread originale de 1973, qui se courra en équipage en quatre étapes (départ et arrivée en Europe) sur trois classes de bateau, Adventure, Sayula et Flyer (conçus avant 1988).
  • La SOCIÉTÉ NAUTIQUE DE LA BAIE DE SAINT-MALO lance une nouvelle course en double de 24 heures réservée à la Class40, la Malouine 40', dont la première édition s'élancera le 20 septembre.

En partenariat avec  Pub Altaïde
 [TIP & SHAFT A REPÉRÉ DERNIÈREMENT]

OUEST-FRANCE/OLIVIER CLERC
Yann Eliès rebondit auprès de Charlie Dalin sur Apivia et voit plus loin
Choisi comme co-skipper du nouveau 60 pieds Apivia pour la prochaine Transat Jacques Vabre, le Briochin se réjouit, "au-delà du fait de naviguer sur un bateau neuf avec Charlie", d'intégrer "l’écurie de François Gabart avec tous les projets qu’elle comporte (...), l’Ultime de François, un projet américain de la Volvo qui va se greffer, deux Imoca, les Figaro..."

LE FIGARO/DAVID LOISY
Thomas Ruyant lève le voile sur son "bateau de folie"
Dans les coulisses du chantier Persico Marine, en Italie, où se finit la construction du nouveau 60 pieds de l'ancien vainqueur de la Mini-Transat, dessiné par Guillaume Verdier. 

YOUTUBE/WING
Relentless
Le Vendée Globe 2016/2017 d'Alex Thomson en 47 minutes, entre images embarquées, flashbacks sur le parcours du skipper et témoignages de proches.

SAILING WORLD/DAVE REED
Flight control on SailGP
En charge du contrôle du vol sur le F50 australien aligné sur le circuit SailGP, Jason Waterhouse explique le fonctionnement du système.

LE TÉLÉGRAMME/ALINE MERRET
Quatre garçons dans le vent
Solune Robert, Riwan Perron, Charles Dorange et Louis Flament, moins de 22 ans de moyenne d'âge, composent l'équipage de Golfe du Morbihan-Breizh Cola sur le Tour Voile, ils évoquent leurs objectifs, leur point fort - la vitesse dans le vent - et leur talon d'Achille - la stratégie.

L'ÉQUIPE/PASCAL SIDOINE
Bernard Stamm : "Fier de mes petits gars"
Passé de skipper à manager du projet Cheminées Poujoulat en Diam 24, le Suisse justifie ce changement par le fait qu'"on ne pouvait quasiment plus progresser" et évoque ses autres envies, confiant, mystérieux : "Je travaille notamment depuis 1992 sur un projet mais je n'en parlerai pas tant qu'il n'y aura rien de concret."

OUEST-FRANCE
Félix Pruvot : "La détermination est le moteur de la réussite"
Ancien spécialiste de Laser, 15e aux Jeux de 2004, Félix Pruvot entraîne les jeunes de la West Team présents sur le Tour Voile, l'occasion d'un focus sur le parcours de celui qui confie avoir "toujours eu cette détermination de tout faire un peu en autodidacte".

LE JOURNAL DU NAUTISME/FRÉDÉRIC PELATAN
Thierry Douillard : "A tout point de vue, Oman Sail est une réussite"
Le team manager d'Oman Sail, qui engage quatre équipe sur le Tour Voile, revient sur sa riche carrière et évoque les 10 années d'Oman Sail.
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Editeur : Pierre-Yves Lautrou - Rédacteur en chef : Axel Capron

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